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jeudi 27 décembre 2012

Les Fantômes du roi Léopold de Adam HOSCHILD

La terreur coloniale dans l'Etat du Congo 1884-1908

Dans les années 1880, le roi Léopold II de Belgique s'empare à titre personnel de l'immense bassin du fleuve Congo, afin de faire main basse sur ses prodigieuses richesses. 

Réduite en esclavage, la population est soumise au travail forcé, subit tortures et mutilations, au point qu'on estime à 10 millions le nombre de victimes africaines du monarque et de ses serviteurs. 

Au début du XXe siècle, tandis que Léopold est célébré dans l'Europe entière comme un philanthrope et un humaniste, des voix s'élèvent contre ses atrocités. 

Edmund Dene Morel, et à sa suite une poignée de chefs rebelles, de voyageurs, de missionnaires et d'idéalistes, vont donner naissance au premier mouvement international de défense des droits de l'homme et l'emporter sur le souverain mégalomane. 

Ce récit de crimes oubliés, véritable dissection du système colonial, offre des clés indispensables à la compréhension d'une actualité tragique.

 Editions Tallandier 617p. / 12,17 Euros

mardi 4 décembre 2012

Guerre de classe / travail • communauté • politique • guerre

« Nous n’avons ni propriété ni business pour faire de l’argent, du coup on est bien obligés de vendre notre temps et notre énergie à quelqu’un d’autre. Nous sommes la classe ouvrière d’aujourd’hui : les proles. »

« Nous sommes la classe des travailleurs qui voulons abolir le travail et les classes. Nous sommes la communauté de ceux qui veulent foutre en l’air les communautés existantes. Notre programme politique c’est de détruire la politique. Pour cela, nous devons appuyer les tendances subversives qui existent aujourd’hui, jusqu’à ce qu’elles bouleversent la société de fond en comble. Il y a un temps, c’est ce qu’on appelait la « révolution ». »

Work - Community - Politics - War a été publié en 2005 sur le site américain prole.info.

mardi 27 novembre 2012

Mai retrouvé / Jacques BAYNAC (PDF)


Prochainement en PDF

Féminismes pluriels / Nicole Van Enis

Cette étude traitera des différents points de vue débattus au sein du mouvement féministe. Au cours du siècle dernier, le féminisme s'est construit et a évolué dans le contexte politique et économique mouvant des deux guerres, de la révolution culturelle de mai 68 et des bouleversements actuels. 

Des concepts se sont forgés et ont permis de mieux cerner les enjeux de l'émancipation des femmes, tels celui de patriarcat ou celui de genre. Des observateurs de toutes disciplines soulignent les changements et les mutations culturelles au sein de nos sociétés occidentales où les questions de bien-être individuel et de développement personnel ont peu à peu pris la place des recherches de solutions collectives. 

Le féminisme, dans sa particularité de démarche émancipatrice, tient compte de ces deux pôles, c'est l'une de ses grandes richesses mais c'est peut-être aussi une des raisons des reproches qu'on lui fait si souvent. 

Le féminisme serait dépassé, selon certaines, il aurait fait " fausse route " et serait devenu obsolète alors que, par ailleurs, d'autres voix appellent à la vigilance, les droits conquis n'étant pas forcément protégés par les lois contre des attaques et des reculs. 

Alors que certains proclament la mort du féminisme, des rapprochements se sont opérés entre femmes du nord et du sud au cours des dernières décennies. 

Ces alliances fécondes annoncent une adaptation créative pour la transition économique inéluctable. 

Par ailleurs, devant ces avancées majeures pour les femmes, se profilent des réactions aux difficultés identitaires des hommes. 

Les défis restent grands. De nombreux ouvrages sont publiés chaque année sur le féminisme, ses conséquences et son actualité mais notre ambition ici est de permettre d'y voir plus clair dans les composantes variées de ce vaste mouvement social. 

Historique et politique, l'étude se veut aussi un état des lieux capable de provoquer de nouvelles formes de luttes. 

Les Editions Aden 87p. 10€

Note Botanica: Facile d'accès bonne synthèse et ce qui ne gâche rien critique.

lundi 26 novembre 2012

L'ennemi intérieur / Mathieu Rigouste

La généalogie coloniale et militaire de l'ordre sécuritaire dans la France métropolitaine

La France des années 2000, comme de nombreux pays, a vu se confirmer un modèle de contrôle censé protéger la population contre la prolifération, en son sein, de " nouvelles menaces " : islamisme, terrorisme, immigration clandestine, incivilités, violences urbaines... Et pour justifier cet arsenal sécuritaire, un principe s'est imposé : désigner l'" ennemi intérieur ". Cette notion évoque la guerre froide, quand cet ennemi était le communisme. 


Et surtout les guerres coloniales d'Indochine et d'Algérie, quand l'armée française a conçu la " doctrine de la guerre révolutionnaire ", afin d'éradiquer au prix des pires méthodes la " gangrène subversive pourrissant le corps national ". Si cette doctrine a été évacuée officiellement depuis lors par l'État, certains de ses éléments clés auraient-ils contribué à façonner cette grille de lecture sécuritaire qui présente les populations immigrées issues de la colonisation comme les vecteurs intérieurs d'une menace globale ? 

C'est ce que montre Mathieu Rigouste dans ce livre rigoureusement documenté, en s'appuyant notamment sur un corpus d'archives conservées à l'École militaire. Retraçant l'évolution des représentations de l'ennemi intérieur dans la pensée d'État depuis les années 1960, il révèle l'effrayante évolution du contrôle intérieur, de ses dimensions médiatiques et économiques, ainsi que la fonction de l'idéologie identitaire dans la mise en oeuvre du nouvel ordre sécuritaire. 

La Découverte / Poche 351 pages 12,70€

dimanche 25 novembre 2012

Les Trotskiens (1968-2002) / Jean-Louis ROCHE


Voici la trajectoire trentenaire du principal courant gauchiste, le trotskisme, apparu médiatiquement sur la scène en 1968 comme prétendant à une politique différente de la gauche embourgeoisée et des staliniens. Les trotskistes ont fini par jouer un rôle politique bien plus important que ne veulent le reconnaître commentateurs et historiens pour l'ordonnancement de l'ordre social. Leur trajectoire anti-révolutionnaire est clairement visible dans la promotion et le soutien du mitterrandisme.

L'ex-extrême gauche contestataire n'est pourtant plus misérablement que le gauche de la gauche, c'est-à-dire une portion parasite complémentaire du principal parti bourgeois "socialiste" qui a assuré la direction de notre exploitation depuis deux décennies. On verra dans cet ouvrage comment les "trotskiens" se sont incrustés dans la démocratie bourgeoise en déviant la révolte des jeunes gogos à la base et par la corruption étatique pou les plus chenapans d'entre eux. Plus qu'une bestiaire et un sottisier du trotskisme, cet ouvrage est une réflexion sur comment la pensée révolutionnaire moderne a été flouée une fois de plus et comment des cuistres ont ridiculisé toute alternative pour "changer le monde"


Les Éditions du Pavé, 2002 / 285pages. 2-9517865-0-6

Note Botanica: Voir aussi ceci pour compléter les choses le livre de Jacques Roussel Les enfants du prophète - histoire du mouvement trotskiste en france. éditions Spartacus.N°44 B

jeudi 15 novembre 2012

La théorie de la révolution chez le jeune Marx de Michael LÖWY

Ce livre est un essai d'analyse marxiste de la pensée du jeune Marx. Il n'étudie pas cette pensée comme un tout abstrait, statique et homogène, mais comme un itinéraire politico-philosophique qui mène du néo hégélianisme de gauche à la philosophie de la praxis marxiste. 

Ce livre se distingue de la plupart des études sur le jeune Marx par son objet : la théorie de l'auto-émancipation du prolétariat par la révolution communiste, et par sa méthode : saisir la pensée révolutionnaire du jeune Marx dans ses liens dialectiques avec les courants les plus radicaux du mouvement ouvrier de son époque : la gauche chartiste, les sociétés d'ouvriers communistes à Paris, la Ligue des Justes, etc. 

L'auteur montre les rapports complexes entre l'évolution philosophique et la radicalisation politique du jeune Marx, et leur aboutissement, sous l'impact révélateur de la révolte des tisserands silésiens en 1844, dans la philosophie de la praxis des Thèses sur Feuerbach (1845), fondement méthodologique de la théorie de l'auto-émancipation révolutionnaire du prolétariat. Il analyse par la suite les conceptions organisationnelles qui découlent de cette théorie, conceptions sur le parti communiste et ses liens avec la classe ouvrière, développées par le Manifeste communiste et autres écrits de la période 1847-1848.

Disponible d'occasion aux éditions Maspéro ou L'harmattan qui avait ré-édité l'ouvrage il y a quelques années. Même s'il s'agit d'un ouvrage important, comme le reste de la "production" de Löwy nous restons plus que dubitatif sur l'engagement de ce dernier au NPA. Mystère donc...pour cet admirateur du photogénique stalinien Guevara. 


mardi 13 novembre 2012

Communisme et question russe de Jean Barrot

Ce livre rassemble trois textes de Jean Barrot. Dans le premier, Notes pour une analyse de la révolution russe, après avoir rappelé comment et par qui était constitué le parti bolchevik jusqu’à la veille de la révolution, il s’attache à mettre en évidence les décisions prises par celui-ci concernant l’organisation de la production, de 1917 à 1923. Pour lui, en effet, cette période est caractérisée par cette contradiction exceptionnelle : « La Révolution russe est assez forte pour renverser l’ancien ordre social, mais pas assez forte pour créer un nouvel ordre social dirigé par les ouvriers. » Et comme « 1923 est l’année de la défaite définitive de la révolution mondiale, 1923 enterra tous les espoirs d’une émancipation générale des travailleurs et cette défaite écrasa encore davantage le mouvement ouvrier russe ».

Dans le deuxième texte, Contribution à la critique de l’idéologie ultra-gauche (Léninisme et ultra-gauche), Jean Barrot s’interroge sur la validité aujourd’hui d’une des thèses essentielles de ce courant, l’hostilité à « tout regroupement de révolutionnaires en dehors des organes créés par les ouvriers eux-mêmes ». Il tend à démontrer que, comme le volontarisme dans la création d’un parti révolutionnaire, l’opposition à son existence est erronée : « Le parti n’a ni à être créé, ni à ne pas l’être : il est pur produit historique. Le révolutionnaire n’a donc besoin ni de construire le parti ni de craindre de le construire. » Ceci ne signifie pas que le révolutionnaire doit rester inactif, notamment dans le domaine théorique.

Le dernier texte, Capitalisme et communisme, est consacré aux racines du communisme dans la société actuelle : « Le communisme n’est pas un idéal à réaliser : il existe dès maintenant, non comme société déjà établie, mais comme effort, tâche pour la préparer. Il est le mouvement qui tend à abolir les conditions d’existence déterminées par le travail salarié, et il les abolit effectivement par la révolution. » Jean Barrot développe ce thème et montre comment le communisme s’exprime dans la situation de dénuement du prolétariat, dans l’expression des besoins insatisfaits , dans les mouvements sociaux actuels.

(Société encyclopédique française et la Tête de Feuilles, 1972) ISBN : 2-9502130-07-6 / 234 pages
Disponible ici  http://atheles.org/spartacus/livres/communismeetquestionrusse/

mercredi 24 octobre 2012

Le pire des mondes possibles / Mike DAVIS

 De l'explosion urbaine au bidonville global 
« Pour mortels et dangereux qu'ils soient, les bidonvilles ont devant eux un avenir resplendissant. » Des taudis de Lima aux collines d'ordures de Manille, des bidonvilles marécageux de Lagos à la Vieille Ville de Pékin, on assiste à l'extension exponentielle des mégalopoles du tiers monde, produits d'un exode rural mal maîtrisé. Le big bang de la pauvreté des années 1970 et 1980 - dopé par les thérapies de choc imposées par le FMI et la Banque mondiale - a ainsi transformé les bidonvilles traditionnels en « mégabidonvilles » tentaculaires, où domine le travail informel, « musée vivant de l'exploitation humaine ».
Un milliard de personnes survivent dans les bidonvilles du monde, lieux de reproduc-tion de la misère, à laquelle les gouvernements n'apportent aucune réponse adaptée. Désormais, les habitants mettent en péril leur vie dans des zones dangereuses, instables ou polluées. Parallèlement, la machine impitoyable de la rénovation urbaine condamne des millions d'habitants pauvres au désespoir des sombres espaces périurbains. Bien loin des villes de lumière imaginées par les urbanistes, le monde urbain du XXIe siècle ressemblera de plus en plus à celui du XIXe, avec ses quartiers sordides dépeints par Dickens, Zola ou Gorki. Le pire des mondes possibles explore cette réalité urbaine méconnue et explosive, laissant entrevoir, à l'échelle planétaire, un avenir cauchemardesque.

1. La climatérique urbaine - Mégaville et « désakotas » - Retour à Dickens -  
2. La prédominance des bidonvilles - Un recensement mondial des bidonvilles - Typologie des bidonvilles - a) La pauvreté en centre-ville - b) L'urbanisation pirate - c) Les locataires invisibles - d) La marge des parias - 
3. La trahison de l'État - Empêcher les paysans d'entrer - Le déluge - Promesses brisées et rêves volés -  
4. Illusions de l'autonomie - Les amis des pauvres - Impérialisme « soft » - Les profits de la pauvreté - La fin de la conquête urbaine ? -
5. Haussmann sous les tropiques - Éliminer les « obstacles humains » - La ville de beauté - Criminaliser le bidonville - « Off Worlds » -  
6. L'écologie du bidonville - Catastrophes non naturelles - Pathologies urbaines - L'épuisement des réserves naturelles - Vivre dans la merde - Tueurs de bébés - Le double fardeau -  
7. La mise au PAS du tiers monde - Le big bang de la pauvreté urbaine - Ajustement par le bas - La décennie utopique ? - « Success stories » ? -
8. Une humanité en trop ? - Mythes de l'informalité - Un musée de l'exploitation - Les petits sorciers de Kinshasa -  
Épilogue : Au bout de Vietnam Street - Notes.

La Découverte Poche 10€50 ISBN : 9782707152893



lundi 15 octobre 2012

Les superstructures idéologiques dans la conception matérialiste de l'histoire / Franz Jakubowski

Ce livre qui s'appuie sur les écrits du jeune Lukacs et de Korsch et qui utilise les ouvrages de jeunesse de Marx récemment édités à cette époque, répond tout d'abord à la question des rapports de la Conscience et de l'Etre dans la théorie du matérialisme historique. 

A partir de la critique que font Marx et Engels de Hegel et de Feuerbach, Jakubowski développe la thèse centrale de l'Idéologie allemande : la conscience n'est autre que l'Etre conscient. 

En exposant systématiquement les rapports dialectiques qui existent entre l'Etre social et la conscience sociale, la structure matérielle et la structure intellectuelle de la société, Jakubowski clarifie de manière très pédagogique les principaux concepts du matérialisme historique : socialisation de la nature, forces productives, rapports de production, superstructures éta­tiques, juridiques, idéologiques, etc.
 
La question des rapports de la conscience juste, adéquate aux rapports sociaux réels, et de la fausse conscience, de l'idéologie, est le thème de la deuxième partie de l'ouvrage. Jakubowski analyse les différents types de conscience sociale en fonction de la position des classes dans le processus de production. 

En développant les analyses du Capital de Marx et d'Histoire et conscience de classe de Lukacs, il montre comment la division sociale du travail, l'aliénation du travail et la réification de tous les rapports sociaux pèsent sur la conscience de toutes les classes. Mais tandis que la bourgeoisie et les couches petites bourgeoises ont nécessairement une conscience fausse, idéologique, de leur place et de leur rôle et ne parviennent pas à une connaissance adéquate du processus social (conscience mystifiée par le féti­chisme de la marchandise ou par les illusions de la surface et les apparences réifiées de la circulation), le prolétariat seul, parce qu'il est une totalité néga­tive ou sein de la société bourgeoise, peut (catégorie de la possibilité objec­tive) avoir une conscience de classe juste en brisant la structure réifiée des « faits » sociaux et donc prendre conscience de sa mission historique : l'abolition de l'exploitation de l'homme par l'homme, l'édification du communisme.
 
La conscience de classe prolétarienne est donc l'aboutissement ultime de la conception matérialiste de l'histoire. Cette conscience de classe qui saisit le prolétariat à la fois comme objet et sujet du processus historique, permet aussi de comprendre l'unité dialectique de l'Etre et de la conscience et l'unité militante de la Théorie et de la Pratique. C'est par rapport à cette conscience de classe possible que Jakubowski évalue et critique les idéologies de classe produites par la situation contradictoire du prolétariat : reforme social-démocrate, subjecti­visme utopique, dissociation de la théorie et de la pratique, fatalisme, économisme, etc.

Note Botapol. Il s'agit ici d'un extrait de la présentation de l'ouvrage qui se trouve en quatrième de couverture. Ou il est indiqué que cet ouvrage est la thèse de doctorat que Jakubowski soutint en 1935 à Bâme avant de rejoindre l'opposition trotskyste à Dantzig où il était né vingt trois ans auparavant.

Traduction et présentation de Jean-Marie Brohm (dans sa période trotsko partitiste au secours..tout le monde peut se tromper.) 

218 pages Editions EDI 1976

mardi 9 octobre 2012

Les fondements de l’économie capitaliste / Jacques Gouverneur

Introduction à l’analyse économique 
marxiste du capitalisme contemporain
Le livre constitue une introduction à l'analyse économique marxiste du système capitaliste.

Les six premiers chapitres étudient la structure de l'économie dans une perspective essentiellement statique. Ces chapitres analysent successivement: 1. le fondement des biens et services (le travail, en combinaison avec la nature); 2. le fondement des revenus (la valeur, c'est-à-dire le travail consacré à la production de marchandises); 3. le fondement des profits (la survaleur, la plus-value); 4. les rapports économiques fondamentaux (taux de plus-value, composition du capital, taux de profit); 5. la concurrence pour la répartition de la plus-value entre entreprises et entre branches; 6. les rapports entre le secteur capitaliste et les secteurs non capitalistes.
Les trois derniers chapitres adoptent un point de vue essentiellement dynamique et analysent divers aspects de la croissance. Le chapitre 7 considère successivement le développement de la mécanisation, la contradiction entre la socialisation de la production et la concentration du capital, l'expansion du travail salarié et de la production marchande, les coûts humains et écologiques de la croissance. Le chapitre 8 envisage les conflits autour du taux de plus-value ; il montre comment les progrès de la productivité générale permettent en théorie de concilier l'augmentation des profits avec la hausse des salaires et des dépenses publiques. Le chapitre 9 étudie le problème des crises ; il montre comment les rapports de force, combinés avec l'évolution de la productivité générale, ont en réalité permis ou empêché une telle conciliation dans les pays avancés après la deuxième guerre mondiale.
La conclusion déborde du cadre économique des analyses antérieures pour signaler divers éléments (juridiques, politiques, répressifs et idéologiques) qui contribuent conjointement à la reproduction du capitalisme.

Sommaire
(EXTRAITS)
CHAP. I : LE FONDEMENT DES BIENS ET SERVICES : LE TRAVAIL
  1. Les aspects matériels communs à tout travail
  2. Les aspects sociaux différenciés du travail
CHAP. II : LE FONDEMENT DES PRIX ET DES REVENUS : LA VALEUR
  1. Le concept de marchandise
  2. La face cachée de la marchandise : la valeur
  3. L'expression visible de la valeur : le prix
  4. Le fondement des revenus : la valeur nouvelle
CHAP. III : LE FONDEMENT DU PROFIT ET DE L' ACCUMULATION : LA SURVALEUR
  1. La source du profit : le surtravail
  2. L'utilisation du profit : l'accumulation
CHAP. IV : LES RAPPORTS ECONOMIQUES FONDAMENTAUX
  1. Présentation des trois rapports
  2. Analyse des influences jouant sur les trois rapports
CHAP. V : LA CONCURRENCE POUR LE PARTAGE DE LA PLUS-VALUE
  1. La répartition de la plus-value globale
  2. Les rapports entre entreprises rentables et non rentables
CHAP. VI : CAPITALISME ET PRODUCTIONS NON CAPITALISTES
  1. Capitalisme et entreprises indépendantes
  2. Capitalisme et entreprises publiques
  3. Capitalisme et secteur institutionnel
  4. Capitalisme et sphère non professionnelle
  5. Travail et revenus dans l'ensemble de la société
CHAP. VII : TENDANCES ET CONTRADICTIONS FONDAMENTALES DE LA CROISSANCE
  1. Le développement de la mécanisation
  2. La contradiction croissante entre socialisation de la production et concentration du capital
  3. L'extension de la production, du salariat et des marchés
  4. La contradiction entre la recherche du profit privé et la satisfaction des besoins sociaux
CHAP. VIII : CONFLITS ET CONCILIATIONS AUTOUR DU TAUX DE PLUS-VALUE
  1. Les procédés pour accroître le taux de plus-value
  2. Les conciliations entre accumulation, consommation salariale et dépenses publiques
  3. Les effets de l'internationalisation du capital productif
CHAP. IX : CROISSANCE ET CRISES
  1. La croissance avant la Deuxième Guerre
  2. La croissance de 1945 à 1974
  3. La crise structurelle depuis 1975
CONCLUSION : LA REPRODUCTION DU CAPITALISME
ANNEXES THEORIQUES
  1. Positions théoriques adoptées dans le livre
  2. Brève comparaison avec la comptabilité nationale
  3. L' équivalent monétaire des valeurs (E)
  4. La productivité du travail
  5. L'explication des salaires et des différences de salaires
  6. La production de valeur et de plus-value en termes qualitatifs : la question du travail productif
  7. La production de valeur et de plus-value en termes quantitatifs : la question du travail plus productif, plus intensif, plus qualifié
  8. Remarques complémentaires sur les rapports économiques fondamentaux
  9. Une " loi de la baisse tendancielle du taux de profit "?
  10. La répartition de la plus-value entre branches inégalement mécanisées: la loi de la " péréquation du taux de profit "
  11. Les schémas de reproduction
  12. La problématique des classes sociales
LEXIQUE
REPONSES AUX QUESTIONS



   ( PDF 3,95 MB )

lundi 1 octobre 2012

Nous autres / Eugène Ivanovich Zamiatine

"... On nous attacha sur des tables pour nous faire subir la Grande Opération. Le lendemain, je me rendis chez le Bienfaiteur et lui racontai tout ce que je savais sur les ennemis du bonheur. Je ne comprends pas pourquoi cela m'avait paru si difficile auparavant. Ce ne peut être qu'à cause de ma maladie, à cause de mon âme. "

Ainsi parle D-503, un homme des siècles futurs. Il vit dans une société qui impose fermement l'Harmonie sous la direction du guide. Or D-503 qui participe activement à l'expansion de cette organisation à l'échelle interplanétaire en arrive à l'autocritique, à la dénonciation, au rééquilibrage psychique.

C'est en 1920 qu le Soviétique Eugène Zamiatine a conçu cette politique-fiction. Il y aborde, pour la première fois, les mécanismes de l'Utopie au niveau existentiel. Jusque-là, tous les organisateurs de sociétés futurs, sous la bannière de Platon et de saint Thomas More, se contentaient d'une description monomaniaque de leurs structures. Zamiatine introduit l'homme vivant dans ces souricières. La porte poussée, Aldous Huxley et George Orwell vont s'engouffrer dans le corridor.

Quel extraordinaire prophète que ce Zamiatine, écrivain, mathématicien et ingénieur. Il y a soixante ans, la dissidence n'était pas encore une maladie mentale traitée à l'halopéridol. Le règne du père génial de tous les peuples, Staline, et de ses épigones n'avaient pas commencé. Et les pieux des camps de rééducation n'étaient pas encore systématiquement plantés. Pourtant, le ver était dans le fruit, et même à cette époque pas encore totalement occultée, l'ouvrage ne fut pas publié.
L'oracle Zamiatine scrutant les brumes de l'Histoire de demain pousse un hurlement solitaire. 

Lui-même, en nos temps de surdité, condamné au silence et à l'exil, étouffé par l'angoisse, mourra à Paris, en 1937, à l'âge de 53 ans.

Gallimard ISBN-10: 2070286487 / 238p. 8,60€

vendredi 28 septembre 2012

Marxisme et philosophie / Karl Korsch

Ainsi les hommes se sont-ils appliqués de manière pratique à la réalité effective. Si concrète que soit la liberté en elle-même, elle n'en a pas moins été appliquée sous forme non développée, dans son abstraction, à la réalité effective, cela veut dire la détruire. Le fanatisme de la liberté, une fois aux mains du peuple, devient terrible. En Allemagne, le même principe a retenu l'intérêt de la conscience ; mais il a été développé de manière théorique. Nous avons, nous, la tête assaillie et envahie par toutes sortes de bruits, mais la tête allemande préfère garder tranquillement son bonnet de nuit, et opère à l'intérieur d'elle-même. 
 
La vie intellectuelle de la République de Weimar a donné naissance à une forme de marxisme qualifié d'"ouvert". Ce texte fondamental marque en l'occurrence la naissance du marxisme critique. Il eut en 1923 un impact plus considérable encore que Histoire et conscience de classe de Georg Lukács. Il gêna en son temps, tant il ne pouvait être repris ni par les marxistes orthodoxes, ni par les sociaux-démocrates.

Karl Korsch procède à une analyse épistémologique de la théorie marxiste. Et en vient à rejeter toute pensée dogmatique puisqu'il lie intimement la théorie et la praxis, se mettant ainsi en porte-à-faux avec le marxisme orthodoxe qui apparaît en contradiction avec le mouvement historique réel. Pour Joseph Gabel, Marxisme et philosophie pointe du doigt "la cristallisation d’une forme de fausse conscience politique". L'obsession de Korsch : combattre le dogmatisme, pour une désaliénation. En rappelant l'indissociabilité entre conscience sociale et rapports de production, ce texte constitue un instrument pour penser notre époque. 
 
Traduit de l'allemand par Baptiste Dericquebourg, Guillaume Fondu et Jean Quétier. 
 
Editions ALLIA  144 pages. 9,10€

jeudi 20 septembre 2012

Écoute, petit homme ! // Wilhelm Reich

"Ecoute, petit homme ! Ils t'appellent " petit homme " , " homme moyen ", " homme commun " ; ils annoncent qu'un ère nouvelle s'est levée, " l'ère de l'homme moyen " Cela, ce n'est pas toi qui le dis, petit homme ! 

Ce sont eux qui le disent, les vice-présidents de grandes nations, les leaders ouvriers ayant fait carrière, les fils repentis des bourgeois, les hommes d'État et les philosophes. 

Ils te donnent ton avenir mais ne se soucient pas de ton passé. [...] Un médecin, un cordonnier, un technicien, un éducateur doit connaître ses faiblesses s'il veut travailler et gagner sa vie. 

Depuis quelques années, tu as commencé à assumer le gouvernement de la terre. L'avenir de l'humanité dépend donc de tes pensées et de tes actes. 

Mais tes professeurs et tes maîtres ne te disent pas ce que tu penses et ce que tu es réellement ; personne n'ose formuler sur toi la seule critique qui te rendrait capable de prendre en main ta propre destinée. " 

Payot 160 pages. 6,10€

mercredi 19 septembre 2012

Crédit à mort / Anselm Jappe

La décomposition du capitalisme et ses critiques

La crise mondiale du crédit survenue à l'automne 2008 aurait conforté la théorie marxiste orthodoxe d'une crise tendancielle du capitalisme : ce dernier porterait en germe sa propre faillite. Les tenants de la «critique de la valeur» ne se satisfont pas de cette théorie, pas plus qu'ils ne se réjouissent véritablement de sa récente et apparente vérification. Car ainsi que l'expose ici Anselm Jappe, la question théorique principale doit demeurer celle de l'émancipation sociale. Or, jusqu'à preuve du contraire, la crise financière mondiale n'a nullement contribué à son progrès.

Le présent volume réunit les récents travaux de recherche menés par Anselm Jappe. Revus et enrichis pour la présente édition, ils constituent à la fois une première approche de la théorie de la valeur et son application à différents objets, chaque texte s'appliquant à exposer ses propres présupposés théoriques.

«La seule chance est celle de sortir du capitalisme industriel et de ses fondements, c'est-à-dire de la marchandise et de son fétichisme, de la valeur, de l'argent, du marché, de l'État, de la concurrence, de la Nation, du patriarcat, du travail et du narcissisme, au lieu de les aménager, de s'en emparer, de les améliorer ou de s'en servir.»


Extrait

Le déclin du capitalisme, devenu une évidence, ne constitue pas toujours la confirmation des critiques que lui ont adressées ses adversaires traditionnels. Au contraire, il semble que les vieux antagonistes s'acheminent enlacés vers les mêmes poubelles de l'histoire. La question de l'émancipation sociale commence à se poser d'une manière nouvelle. Elle doit être repensée. C'est ce que s'est proposé la «critique de la valeur», élaborée à partir des années 1980 par les revues allemandes Krisis et Exit ! et leur auteur principal Robert Kurz, ainsi que par Moishe Postone aux États-Unis. En 2003, j'ai publié Les Aventures de la marchandise. Pour une nouvelle critique de la valeur, où j'ai tenté de résumer la critique de la valeur pour le public francophone. Ce livre commence avec une analyse des concepts fondamentaux de Marx - la valeur, le travail abstrait, l'argent, la marchandise - pour arriver, par étapes, à des considérations sur l'état actuel du monde et à quelque polémique avec d'autres manières de critiquer le capitalisme contemporain.

Dans les années suivantes, j'ai mis cette théorie à l'épreuve en l'utilisant comme grille de lecture pour mesurer si elle permet mieux que d'autres approches de comprendre le monde comme il va. Crédit à mort réunit dix de mes interventions dans le débat en France, publiées entre 2007 et 2010. Bien que ces textes aient été écrits en différentes occasions, et souvent sur un thème «donné», il se trouve finalement qu'ils tournent tous autour des mêmes sujets, mais sans se répéter trop. Ils peuvent être lus séparément, parce que c'est séparément qu'ils ont été écrits et parce que chacun contient quelques explications sur son arrière-plan théorique, c'est-à-dire la critique de la valeur et du fétichisme de la marchandise. À ce titre, ils constituent également une sorte d'introduction à la critique de la valeur pour ceux qui n'ont pas lu les Aventures de la marchandise ni les autres livres de cette mouvance publiés en français. En effet, chaque texte résume brièvement, selon sa thématique, un aspect différent de la critique de la valeur : la théorie de la crise, la structure de la marchandise, le fétichisme, etc. Il m'a paru préférable de laisser ces résumés à leur place à l'intérieur des articles, plutôt que de les regrouper dans une espèce d'introduction, ce qui aurait à la fois désarticulé les textes, rendu impossibles des lectures séparées et imposé au lecteur une «traversée du désert» conceptuelle préliminaire. Sauf «Le chat et la souris», ils ont été rédigés directement en français, et publiés dans des revues françaises. Tous ont été revus pour cette publication. 
Nouvelles Editions Lignes 254 pages

Note Botanica pour en savoir plus  Critique radicale de la valeur

mardi 18 septembre 2012

AU-DELÀ DE LA DÉMOCRATIE / Gilles Dauvé et Karl Nesic

La démocratie, c'est encore Churchill qui l'a définie le mieux : un moindre mal. 

Si les défauts du parlementarisme n'empêchent pas de s'en accommoder, c'est qu'il incarne l'idéal d'institutions où nous nous retrouverions pour débattre et décider en commun. 

Et si nous commencions par nous demander comment une révolution future développerait une vie et une organisation sociale, le communisme pour ne pas le nommer, sans ces médiations et ces pouvoirs qui aujourd'hui nous écrasent. 

Il s'agira alors d'inventer des façons radicalement différentes de faire, d'être, de vivre.


ISBN : 978-2-296-07556-6 • 2009 • 186 pages




       

Le matérialisme historique / Anton PANNEKOEK


"Le matérialisme de l’explication marxiste de l’histoire ne signifie pas la négation de ces motifs spirituels, mais la réduction de ces motifs à des cause matérielles, aux relations réelles de la société humaine. Nous nommons ces relations réelles, matérielles en ce sens, que nous pouvons les constater objectivement au contraire des idées subjectives ; non dans le sens de matériel opposé à spirituel."

lundi 17 septembre 2012

Le matérialisme / Olivier Bloch

Petit ouvrage synthétique sur une question assez peu à la mode...et pour cause, la seule histoire sérieuse parue aux éditions Syllepse, celle de  Pascal Charbonnat est épuisée. L'ouvrage que voici sera plutôt disponible chez votre bouquiniste lui aussi.  

Le Matérialisme, PUF, "Que sais-je ?", 1995.

 

jeudi 13 septembre 2012

Le Luxembourgisme aujourd’hui / Alain Guillerm

Les événements de Mai 1968 ont réveillé l’intérêt pour la pensée révolutionnaire, et notamment pour ceux de ses courants dont la voix avait été largement étouffée par les partis socialistes et communistes.


Alain Guillerm a alors jugé nécessaire de resituer les apports originaux de Rosa Luxemburg, et l’utilisation qu’ont pu en faire différents courants du mouvement ouvrier. Il fait un rappel des partis ouvriers existants ou nés pendant la vie militante de Rosa Luxemburg, et les différents courants de l’opportunisme qu’elle a combattus.
  
Sommaire

I. Le révisionnisme dans la pensée allemande (E. Bernstein, Max Weber)
II. Le révisionnisme russe (Lénine)
III
. Marxisme contre révisionnisme
IV. La naissance du Parti communiste allemand et la Commune de Berlin
V. Impérialisme, internationalisme et militarisme
VI. Parti et syndicats
VII
. Pouvoir ouvrier contre bureaucratie




On trouvera en annexe La Tragédie russe, l’article de Rosa Luxemburg sur le traité de paix de Brest-Litovsk et ses conséquences.

60 pages Editions Spartacus 5€






Lutte de classe et nation / Anton PANNEKOEK


mercredi 12 septembre 2012

La révolution surréaliste / Louis Janover

Les historiens parlent du surréalisme comme du mouvement littéraire et artistique le plus important du siècle. Mais qui nous dira à quoi ressemblait vraiment la révolution surréaliste ? Que voulait cette poignée d'artistes et d'écrivains qui, non contents de chercher à « tuer l'art », se targuaient d'être des « spécialistes de la révolte » et proclamaient sur la couverture du premier numéro de leur revue : « Il faut aboutir à une nouvelle déclaration des droits de l'homme » ? 

Breton avait placé le Manifeste du surréalisme sous le signe du non-conformisme absolu. Seule une histoire absolument non conforme pouvait restituer l'enjeu de cette révolte hors du commun.

Une postface actualise la réflexion historique en montrant pourquoi le triomphe de l'art surréaliste devait non seulement tuer la révolution surréaliste, mais en effacer la mémoire.

Fayard/Pluriel 283pages.  ISBN 9782012787513

mercredi 5 septembre 2012

Révolution et contre-révolution en Catalogne / Carlos Semprun-Maura

INTRODUCTION de l’auteur 

Région, province ou nation, suivant les idéologies –et les époques– la Catalogne constituait en 1936 une des zones industrielles les plus importantes de la péninsule ibérique. De même qu’au Pays Basque –également zone industrielle importante– le nationalisme en tant qu’expression politique naît ici au XIXe siècle et prend au départ la forme d’une résistance de la bourgeoisie industrielle et commerçante catalane contre la gabegie centralisatrice du pouvoir central et la politique rétrograde des grands propriétaires fonciers.

Ainsi, contrairement à ce qui arrive dans d’autres pays – comme en Irlande, par exemple –, la « colonisation » économique ne s’unit pas en Catalogne à l’oppression politique et culturelle pour donner naissance et alimenter un mouvement nationaliste.

La Catalogne industrielle va, surtout à partir de la fin du xixe siècle – et jusqu’en 1936 – recevoir l’afflux massif de travailleurs originaires de régions pauvres et notamment d’Aragon, de Valence et de Murcie (et globalement désignés sous le vocable méprisant de « Murciens »). De 1910 à 1923, par exemple, la seule ville de Barcelone recevra – et emploiera pour la plupart – 180 000 travailleurs immigrés.

Il s’agit de la classique émigration des campagnes pauvres vers les villes industrielles que connaît tout pays au développement économique inégal, doublé ici, en quelque sorte, d’un exil. Car les Catalans, d’autant plus imbus de leur catalanisme qu’ils ne peuvent pas l’exprimer pleinement, traitent parfois avec un certain mépris ces « sous-développés » arrivant en masse des régions agraires pauvres à la recherche d’un travail. Et, sinon à Barcelone, en tout cas en province, les Catalans ne savent ou ne veulent parler que leur langue, créant ainsi la fameuse barrière du langage. En schématisant, on peut donc dire que la Catalogne riche emploie, exploite et parfois méprise, un sous-prolétariat immigré, tout en étant elle-même et en même temps en butte aux pressions et discriminations culturelles et politiques du pouvoir central. Bien sûr, ceci doit être nuancé : d’abord il n’y a pas une Catalogne et la lutte de classes connaît ici une acuité extraordinaire de la fin du XIXe siècle au début de la guerre civile (1936). Ensuite, nombre de travailleurs immigrés font souche en Catalogne et s’y intègrent plus ou moins facilement, plus ou moins lentement. Mais d’autres immigrants viennent prendre leur place et ceci encore longtemps après la fin de la guerre, maintenant vivaces les problèmes désormais bien connus et mal réglés des travailleurs immigrés (emploi, logement, scolarisation, etc.).

La première expression politique du nationalisme catalan est la Ligue Régionaliste (Lliga regionalista), fondée en 1901 à Barcelone. Au début, la Ligue ne se proposait nullement l’indépendance de la Catalogne, mais comme son nom l’indique, une certaine autonomie pour cette région. Tout en étant un mouvement politique, les activités de la Ligue sont surtout destinées à promouvoir le développement économique et culturel de la Catalogne, sorte de « club » d’investissements et de rayonnement de la culture et de la langue catalanes (fondant l’Institut d’études catalanes en 1907, notamment). C’est un parti de notables, ayant à sa tête Prat de la Riba, président de la Diputacíon provincial de Barcelone et Francisco Cambo, député pour la Catalogne aux Cortes de Madrid. « Efficaces et bons administrateurs », dit-on, ils jouèrent un rôle dans le développement économique et culturel de la Catalogne au début du siècle. La Lliga considérait que la Catalogne constituait un exemple de « modernité » pour le reste de l’Espagne, encore trop moyenâgeuse à son goût. Mais c’est en Espagne que les capitalistes catalans vendaient l’essentiel de leur production et cela crée des liens qu’il ne faut pas rompre.

La violence des luttes sociales en Catalogne – où, du début du siècle à 1936, il n’y a pratiquement pas d’année sans grève générale débouchant sur des affrontements armés avec la police et souvent l’armée – va faire de plus en plus de la Ligue, parti politiquement conservateur, l’allié presque inconditionnel du pouvoir central contre « ses » ouvriers. Et c’est un autre mouvement, plus populaire, fortement teinté de radicalisme, La Esquerra catalana (la Gauche catalane) qui va prendre la relève de la Ligue et imprimer au mouvement nationaliste en Catalogne non seulement un caractère plus populaire (« petit-bourgeois », dans le jargon marxiste-léniniste) mais aussi un autonomisme bien plus affirmé où la « tentation » de l’indépendance est présente, encore que jamais totalement assumée, ni, bien sûr, menée à son terme. D’autres mouvements nationalistes vont naître, dont l’Estat Català, mouvement ultra-nationaliste, dont certains chefs exprimeront leur admiration pour Mussolini, comme nous le verrons au cours des chapitres suivants, mais c’est bien l’Esquerra qui constitue le principal parti à la fois radical et nationaliste catalan. Malgré des fortunes diverses, quelques victoires partielles et nombre d’échecs, la Catalogne ne va véritablement accéder à une certaine autonomie que sous la république qui va concéder le « statut catalan » en 1932.
Lors de la proclamation de la république espagnole, en 1931, le colonel Maciá président de l’Esquerra apparut à la foule à un balcon de la place Saint-Georges à Barcelone, accompagné de son adjoint – et successeur après sa mort – Lluis Companys, et ils proclamèrent, aux applaudissements de la foule, la République catalane. Devant le danger de sécession, des hommes politiques républicains – certains catalans – accoururent à Barcelone pour convaincre les leaders de l’Esquerra d’attendre le vote sur ce « statut catalan » et de ne rien faire « d’irréparable ». Les leaders de l’Esquerra acceptèrent et le statut fut effectivement voté.

Ce statut groupait les quatre provinces catalanes sous l’autorité d’un gouvernement autonome, qui prenait le nom de Generalitat, nom donné au Moyen Age aux conseils des villes. En fait, les pouvoirs de ce gouvernement étaient peu étendus, beaucoup moins en tout cas que ce qu’espéraient les nationalistes catalans. Il disposait de pouvoirs limités en matière d’enseignement, de police et d’impôt. L’espagnol et le catalan devenaient toutes deux langues officielles. En plus d’une Assemblée régionale, les Catalans élisaient leurs députés aux Cortes de Madrid. Toute limitée qu’elle fut, cette autonomie sera remise en cause, après la victoire électorale du bloc des droites, ce qui provoquera une tentative d’insurrection nationale, brutalement écrasée par l’armée en octobre 1934 1. C’est le Front populaire, enfin, victorieux aux élections de février 1936, qui rendit son autonomie relative à la Catalogne. Puis ce fut le putsch franquiste et la riposte révolutionnaire, qui prit en Catalogne des aspects spécifiques, méritant, me semble-t-il, une analyse particulière, analyse tentée dans ce livre.
L’industrie catalane est dominée par le textile. Certes, des industries métallurgiques, électriques, chimiques, etc., s’implantent et se développent en Catalogne dès la fin du xixe siècle et lors du boom économique espagnol qui se produit pendant et à cause de la guerre de 1914-18. Mais le textile constitue l’épine dorsale de l’économie catalane et sa principale ressource à l’exportation. Le textile va suivre les aléas de l’économie espagnole dans son ensemble, subissant avec la perte des colonies à la fin du XIXe siècle (Cuba, Philippines, etc.) une crise assez grave, car il perdait son monopole de fait sur les marchés d’outre-mer. Mais des mesures douanières protectionnistes sont prises par le gouvernement espagnol, de sorte que le textile catalan part allégrement à la conquête du marché espagnol, libre de toute concurrence. L’Espagne étant restée, comme on sait, neutre lors de la guerre de 1914–18 et les industries européennes donnant la priorité à l’effort de guerre, la demande de produits espagnols et notamment catalans s’accroît dans des fortes proportions et l’industrie fonctionne à plein rendement. Des nouvelles usines et ateliers peuplent la Catalogne non seulement dans le textile ; car c’est à cette époque que sont créées des industries électromécaniques, chimiques, etc., souvent avec l’aide du capital étranger. Un certain effort de modernisation est réalisé, mais il ne faut rien exagérer et, lorsqu’en 1936 les ouvriers catalans vont se saisir de 70 % de l’industrie catalane, textile ou pas, l’infinité de petits ateliers de moins de 100 ouvriers qui existaient encore vont leur poser de sérieux problèmes.

La courbe ascendante de l’industrie catalane va connaître sa brisure en 1930, année où les effets de la crise mondiale du capitalisme se font brutalement sentir en Espagne.
De 1930 à 1936, l’Espagne et la Catalogne vont connaître une période d’agitation sociale des plus intenses, ce qui n’est pas peu dire pour qui connaît l’histoire contemporaine de la péninsule. D’abord, la monarchie va être renversée et la république proclamée dans l’enthousiasme populaire. Puis, la république va décevoir les nationalistes catalans en ce qui concerne leur maigre autonomie ; les ouvriers – catalans ou non –, en ce qui concerne leurs revendications spécifiques ; les paysans en ce qui concerne la réforme agraire ; les capitalistes qui n’osent investir en des temps aussi troublés. Les grèves se succèdent, les affrontements sanglants entre fascistes espagnols et organisations ouvrières deviennent quotidiens. Des insurrections éclatent, mais sont écrasées par l’armée, bref, le récit de cette période troublée couvrirait plusieurs livres. Comme un sismographe fébrile, le résultat des élections donne tantôt la victoire à la droite (1934), et la répression s’abat. A peine deux ans après, en février 1936, c’est le triomphe du Front populaire. L’attitude de la CNT n’est pas étrangère à ces oscillations brutales. La grande centrale anarcho-syndicaliste profondément anti-électoraliste (défendant, avant la lettre, le Elections, piège à cons), ayant opté pour l’abstention en 1934, alors qu’elle s’était plus ou moins associée à la campagne électorale victorieuse du Front populaire. De toutes façons, ce n’étaient pas des élections qui pouvaient résoudre les profonds conflits de la société espagnole, comme l’histoire l’a démontré.

Le poids de l’agriculture dans l’Espagne de la première moitié du XXe siècle est très grand, y compris en Catalogne, même si, comme je l’ai dit, l’industrie est ici plus développée qu’ailleurs (exception faite du Pays Basque). La structure agraire en Catalogne, semblable à celle de presque tout le nord de l’Espagne, est essentiellement composée de petites et moyennes propriétés, exploitées soit par des métayers, soit par des paysans propriétaires. On ne connaît pas en Catalogne ces immenses domaines de milliers d’hectares chacun, où peine misérablement l’armée des crève-la-faim que sont les ouvriers agricoles, domaines qui constituaient alors l’essentiel de la structure agraire dans presque toute l’Andalousie, par exemple. Comme on le verra plus loin, dans les pages consacrées aux collectivisations agricoles, la production agricole en Catalogne était assez diversifiée, mais les vignobles en constituaient une part importante, parce que plus rentables pour les paysans. Le métayage dans les vignes avait en Catalogne une particularité héritée du passé. C’est ainsi que les terres revenaient à leur propriétaire – qui pouvait ou non renouveler le contrat de fermage – lorsque les trois quarts d’une vigne plantée sur ses terres venaient à mourir (rabassa morta). Lorsque le phylloxéra ravagea les vignobles catalans, parmi tant d’autres, à la fin du XIXe siècle, obligeant les vignerons catalans à importer une nouvelle espèce d’origine américaine, ceux-ci se heurtèrent à un grave problème. En effet, la nouvelle variété, non seulement exigeait plus de travail, mais vivait moitié moins que l’ancienne, environ vingt-cinq ans au lieu de cinquante. Les métayers catalans non seulement se trouvèrent brusquement face à une catastrophe naturelle, mais virent aussi leurs contrats de fermage réduits de moitié. Cette situation fut la source d’innombrables conflits et créa une certaine cohésion et combativité chez les paysans catalans, surtout les vignerons, cohésion et combativité qui allaient ensuite essayer de s’exprimer dans le puissant syndicat agricole catalan, l’Unió de rabassaires (de rabassa), qui constituait pour l’essentiel la « base de masse » de l’Esquerra.
Je n’essaye ici que de présenter en quelques traits rapides le portrait de la Catalogne en 1936 – laissant de côté tout ce qui concerne son histoire, sa culture, etc. – ; nation à la fois relativement prospère et soumise au centralisme politique de l’Etat espagnol ; ce qui donne une certaine ambiguïté au problème national catalan. La république, en ce domaine, comme dans d’autres, n’a pas réussi à avoir une politique conforme à ses propres intérêts. L’Espagne étant un pays plurinational, il fallait réaliser une solution de type fédéraliste, mais si on bavarda beaucoup sur cette question, rien ne fût fait, sauf quelques concessions au désir d’autonomie catalan et basque.
Pourtant, ce bref aperçu serait incomplet si on ne parlait pas de la classe ouvrière, protagoniste véritable du récit qui va suivre. Or la classe ouvrière catalane était dans son immense majorité gagnée aux idées libertaires. La Catalogne était un bastion de la CNT-FAI. Et chacun sait que les anarchistes et anarcho-syndicalistes espagnols, catalans – ou guatémaltèques – sont farouchement hostiles à l’Etat, à l’idée de nation et en ce qui nous concerne ici, ils étaient concrètement hostiles au nationalisme catalan qu’ils considéraient bourgeois et réactionnaire, comme ils étaient hostiles au centralisme étatique de l’Etat espagnol. Opposés donc à tout centralisme étatique, les anarchistes défendaient le principe d’une Fédération libre de communes et de régions, dépassant concrètement et dans un sens révolutionnaire les problèmes nationaux. Ils étaient internationalistes et opposés à tout chauvinisme quelle que soit la religion patriotique sous laquelle il se déguise. Ce n’était évidemment pas la construction d’un Etat catalan autonome ou indépendant qui était leur objectif, mais la destruction de tous les Etats à commencer par l’Etat espagnol. Ils étaient sans nuances sur ces questions et pourtant ils étaient, comme on dit, populaires. On peut donc affirmer que la grande masse de la classe ouvrière catalane était imperméable aux idées nationalistes, et rêvait et luttait pour une société libre, décentralisée, démocratique et sans frontières.

On a souvent dit pour expliquer ce phénomène qui cadre mal avec les schémas marxistes-léninistes, que ce sont les ouvriers immigrés qui constituaient la majorité des membres de la CNT et que ces ouvriers avaient peut-être des motifs pour être étrangers, sinon hostiles, au nationalisme catalan. Mais cette explication trop simple est fausse. 80 % des ouvriers syndiqués en Catalogne (ce qui représente plusieurs centaines de milliers de travailleurs) étaient membres de la CNT et il est bien évident que tous n’étaient pas immigrés ! Même pas la moitié. D’ailleurs, l’influence des idées libertaires débordait largement le cadre ouvrier. Nombre d’employés, d’artisans, de petits commerçants de paysans et d’intellectuels catalans étaient libertaires. Et pourquoi refuser aux révolutionnaires catalans le droit d’être internationalistes ?

Certes, cela peut sembler étrange de nos jours où tant de soi-disant révolutionnaires n’ont que le mot « patrie » à la bouche et ou on confond si allégrement lutte de classes et « révolution nationale ». Mais, c’est le signe, entre autres, de la profonde dégénérescence du vieux mouvement qu’on appelle encore ouvrier, qu’il aille si souvent tirer ses oripeaux idéologiques du vieil arsenal qui était hier le patrimoine des « révolutionnaires nationaux », autrement dit les nationaux-socialistes.

Ouvrage hélas épuisé mais disponible chez les bouquinistes éditions Les Nuits Rouges ou chez Mame 1974 (ancienne édition) .

lundi 3 septembre 2012

La mémoire des vaincus / Michel Ragon

A la veille de la Première Guerre mondiale, Fred et Flora, deux gamins des rues, battent le pavé de Paris. 

Mais bientôt le destin va les conduire dans le sillage de la célèbre bande à Bonnot, puis vers l'aventure anarchiste.

Mêlant l'histoire au mythe et à l'autobiographie, ce récit romanesque à grand souffle nous entraîne sur les pas de son héros, de la Russie de 1917 à l'Espagne du Front populaire, de la vie ouvrière à la bohème artistique, parmi une foule de personnages obscurs ou illustres, tous animés de cet « increvable esprit de liberté » qui renaîtra en mai 68.

Le Livre de Poche 558 pages.       
ISBN-10: 2253059501            

L'anarchisme : De la doctrine à la pratique / Daniel Guérin

                                                  Une très bonne synthèse chez Gallimard

                                    ISBN-10: 2070324273 228 pages. Suivi de anarchisme et marxisme
                  Bien sûr nous trouvons indigeste le paté d'alouette du Marxisme Libertaire de Guérin.
                                 En ce qui le concerne restons du coté historien et libertaire de la chose.

Le Marxisme / Henri Lefebvre

A lire d'un oeil critique comme une introduction. Simple et facile d'accès.

PUF QUE SAIS-JE / ISBN : 978-2-13-053845-5

vendredi 31 août 2012

jeudi 30 août 2012

Les aventures de Karl Marx contre le Baron de Münchhausen / Michael Löwy

Une science de la société libre de jugements de valeur est-elle concevable? Est-il possible d'éliminer les idéologies du processus de la connaissance? La science sociale n'est-elle pas obligatoirement engagée? Le caractère partisan est-il conciliable avec la connaissance? 

La vérité objective sur la société n'est pas concevable comme un reflet qui serait indépendant du sujet connaissant. Il faut plutôt la concevoir comme un paysage peint par un artiste. Un paysage qui sera d'autant plus vrai que le peintre sera situé sur un belvédère lui permettant une vue plus vaste et plus étendue du panorama.

Ce livre traite du rapport entre visions du monde (idéologiques ou utopiques) et connaissance, dans le domaine des sciences socia­les, à partir d'une discussion des principales tentatives d'élaborer un modèle d'objectivité scientifique apparues au sein du positivisme, de l'historicisme et du marxisme.
Il montre que contrairement à ce que prétend le positivisme, toute con­naissance et interprétation de la réalité sociale est liée, d'une façon di­recte ou indirecte, à une des grandes visions sociales du monde, à une perspective globale socialement conditionnée, ce que Pierre Bourdieu désignait comme «les catégories de pensée impensées qui délimitent le pensable et prédéterminent le pensé».

Préface
Introduction
- Le positivisme ou le principe du Baron de Mûnchhausen
- L'utopie positiviste : Condorcet et Saint-Simon L'idéologie positiviste : de Comte à nos jours
- Max - Weber: la science libre de jugements de valeur Karl Popper et l'objectivité institutionnelle
- L'historicisme ou la lumière brisée
- L'historicisme conservateur L'historicisme relativiste
- La sociologie de la connaissance de Karl Mannheim
- Le marxisme ou le défi du «principe du fiacre»  Idéologie et science selon Marx
- Marxisme et positivisme dans la pensée de la 2e Internationale. Le marxisme historiciste (Lukâcs, Korsch, Cramsci, Coldmann). Le marxisme rationaliste de l'École de Francfort Idéologie stalinienne et science
- Conclusion. Les paysages de la vérité et l'allégorie du belvédère
- Le modèle scientifico-naturel d'objectivité et les sciences sociales Le moment relativiste de la sociologie de la connaissance Paysages de la vérité et autonomie relative de la science

Bibliographie

Editions Syllepse Pages : 206 pages ISBN : 9782849503478 (Ouvrage avait déjà été édité chez Economica au début  de années 70)

mercredi 29 août 2012

Histoire désinvolte du surréalisme / Jules François Dupuis

 


Le surréalisme est partout sous ses formes récupérées : marchandise, oeuvre d'art, techniques publicitaires, langage du pouvoir, modèles d'images aliénantes, objets de piété, accesoires de culte. Ses diverses récupérations, pour compatibles que certaines d'entre elles apparaissent avec son esprit, il importait moins de les signaler que de montrer que le surréalisme les contenait dès le départ comme le bolchévisme contenait "la fatalité" de l'Etat stalinien...

Histoire de la mondialisation capitaliste 1. 1492-1914 / Edouard Descottes

Si le terme de « mondialisation?» n'est apparu qu'en 1953, et si c'est seulement dans les années 1960 que sa signification s'est élargie aux domaines économiques et culturels, le phénomène est bien plus ancien. L'histoire de la réalité que recouvre aujourd'hui ce terme se confond avec l'histoire du capitalisme.

Comment le capitalisme a-t-il tissé des liens entre les quatre coins de la planète, par les échanges, les mi-grations, les guerres, en faisant de l'économie mondiale un tout ? Voilà l'objet de cet ouvrage.

Le présent tome décrit l'expansion du capitalisme marchand européen à ses origines, pour aboutir à cette période de 1880 à 1914, que d'aucuns ont présenté comme celle de la première mondialisation : le partage de la planète entière entre un nombre restreint de grandes puissances, et qui déboucha sur la débâcle de la Première Guerre mondiale.






+ Botanica: Nous ne conseillons pas le volume II, vous y trouverez une défense déguisée de L'URSS.

Editions les Bons caractères  ISBN : 97829115727234 / 8,20 €

La Légende De La Gauche Au Pouvoir / Le Front Populaire. Barrot Jean - Borczuk Albert - Riviale Philippe


Qu'est ce que le front populaire ? Qu'est-ce que l'alternative de la gauche ?

Le programme du front populaire, c'est de faire fonctionner l'économie grâce au sacrifices des travailleurs: le capital sans les capitalistes. 

Lorsque le capital est en crise, lorsque des adaptations difficiles sont nécessaire et que le prolétariat commence à faire parler de lui en se montrant tel qu'il est révolutionnaire; alors le capital laisse la gauche au pouvoir pour briser le mouvement d'autonomie du prolétariat.

Cependant le programme de la gauche est irréalisable, pour le capital; c'est, poussée à son terme l'accélération de la dévalorisation: aussi dès la crise passée, la gauche doit elle rendre le pouvoir, et retourner à l"opposition", pour préparer la prochaine contre-révolution.

Editions de la Tête de Feuilles 1973 / 153p. chez votre bouquiniste.

La réification : Petit traité de Théorie pratique / Axel Honneth

La Théorie critique, autrement appelée " Ecole de Francfort ", fait retour, avec la troisième génération représentée par Axel Honneth, à la " philosophie sociale ". 

C'est-à-dire à l'analyse des processus de développement qui sont vécus comme manqués ou perturbateurs. Dans sa quête d'une critique des " pathologies du social ", la Théorie peut-elle également faire retour à des concepts marxistes ? 

Soit le concept, fixé par Georg Lukacs, de " réification " - colonisation du monde vécu par la généralisation unidimensionnelle de l'échange marchand à toute interaction sociale, en sorte que les sujets perçoivent partenaires et biens comme des objets. 

La Théorie critique, pour sa part, distingue trois formes de réification - intersubjective (le rapport aux autres), objective (le rapport au monde) et subjective (le rapport à soi) - également fondées sur l'oubli préalable de la reconnaissance de l'autre. 

La réification intersubjective résulte aujourd'hui de pratiques nouvelles qui considèrent les hommes indépendamment du monde vécu auquel ils appartiennent - depuis l'abolition de la substance juridique du contrat de travail jusqu'à la réduction des dons de l'enfant à un objet de mesure génétique et de manipulation. 

L'autoréification - saisir ce qu'on éprouve psychiquement comme objets à observer ou à produire de manière normée - est le fruit des pratiques institutionnalisées de présentation de soi : des entretiens d'embauche ou du coaching à la recherche d'un partenaire amoureux sur Internet. 

Demeure, pour Axel Honneth, " une certaine inquiétude : celle de voir nos sociétés prendre le chemin que Lukacs, en utilisant des moyens insuffisants et en généralisant à l'excès, a entrevu il y a quatre-vingts ans ". 

Editions Gallimard ISBN-10: 2070782921  / 13,70€

mardi 28 août 2012

Le socialisme des intellectuels / Jan Waclav Makhaïski

Penseur polonais écrivant en russe, Jan Waclav Makhaïski, fréquenta longuement, à la fin du XIXe siècle, les milieux révolutionnaires russes et internationaux, en particulier au cours de ses années d'exil en Sibérie.

A la suite d'une réflexion approfondie sur les classiques du marxisme, il aboutit à une conclusion extrême.


Pour lui, l'idéologie socialiste dissimule, en fait, les intérêts d'une nouvelle classe ascendante : les travailleurs intellectuels.

Ces "capitalistes du savoir" utilisent leurs compétences dans la direction et la gestion du système dominant pour séduire les prolétaires, afin d'évincer les anciens possédants, "capitalistes de l'avoir ", non pour détruire le capitalisme, mais pour l'aménager au mieux de leurs intérêts.
 
Dans cette nouvelle perspective de la lutte de classes, le clivage historique et idéologique ne se situe plus entre bourgeoisie et prolétariat, mais entre dirigeants et exécutants.
 
Une analyse partagée par plusieurs théoriciens contemporains de Makhaïski, ou qui lui succéderont.
 

Ce livre-clé permet de mieux comprendre l'évolution des socialistes et des gauchistes soixante-huitards, hier détracteurs du capitalisme au nom du prolétariat et de l'avenir d'une société radieuse, aujourd'hui ses partenaires conciliants au nom du bien public, tout cela pour sauvegarder leur place-charnière dans le système.
 
L'expérience historique, avec l'échec du projet d'émancipation du mouvement ouvrier au XXe siècle, illustre de manière saisissante la thèse de Makhaïski.
 
Celle-ci prend forme sous nos yeux à travers divers textes publiés de 1898 à 1918.

ISBN : 2846210063 332p. textes choisis, traduits, et présentés pas Alexandre Skirda

dimanche 26 août 2012

L’ETHNICISATION DE LA FRANCE / Jean-Loup Amselle

L’essor remarquable du multiculturalisme, en France, et plus largement en Europe, a pour corrélât inattendu, le déclin du social et l’abandon de l’universalisme. Par un sapement de l’idéologie de la gauche et de l’extrême gauche, le postmodernisme, la nouvelle philosophie et l’antitotalitarisme en sont venus à élaborer une pensée du fragment empruntant à la fois aux études culturelles, de genre (gender studies) et postcoloniales. Effet : la mise purement et simplement au rencart de la lutte des classes et des combats syndicaux.
 
Jusque dans les années 1970, le « logiciel » idéologique de la gauche et de l’extrême gauche tournait en effet essentiellement autour du marxisme et de la lutte des classes ; le postmodernisme, la nouvelle philosophie et l’antitotalitarisme se sont mis après, lentement mais sûrement, à saper les fondements de cette doctrine. Dès lors, sur les décombres du marxisme, pouvait s’élaborer une pensée du fragment empruntant à la fois aux études culturelles, aux études de genre et aux études postcoloniales. Cette découpe d’entailles verticales au sein du corps social a eu pour effet de mettre purement et simplement au rancart, de ringardiser la lutte de classes et les combats syndicaux. C’est ainsi que toute une logique libérale-libertaire est venue harmonieusement se couler dans le cadre de la segmentation du marché promue par le capitalisme tardif. L’identité individuelle, devenue l’icône de notre postmodernité, a nécessité à son tour l’installation de toute une logistique d’accompagnement chargée de soutenir les individus fragilisés par la disparition des structures collectives d’encadrement.

L’individu, la culture et le retour à l’origine sont alors devenus les mots d’ordre de notre postmodernité globalisée. Puisque le sort des habitants de notre pays ne pouvait plus être amélioré par la redistribution des fruits de la croissance, il fallait trouver une idéologie de la « décroissance », du sevrage économique voire écologique, et donc chercher dans les ressources de l’individu, dans ses ressources identitaires, culturelles, psychiques, des modes de substitution au défunt récit de la société d’abondance.

Mais ce multiculturalisme libéral a échoué en France, comme partout ailleurs en Europe. Non pas, comme le prétendent Angela Merkel, David Cameron et Nicolas Sarkozy parce qu’il ne serait pas parvenu à « intégrer » les « immigrés », mais parce que, en fragmentant le corps social, il a abouti à dresser l’un contre l’autre deux segments de la population : l’identité majoritaire et les identités minoritaires. Par une sorte d’effet boomerang, l’apparition au sein de l’espace public de minorités ethno-culturelles et raciales a provoqué, dans chaque cas, le renforcement de l’identité « blanche » et chrétienne.

Au-delà d’une réflexion d’ordre général sur l’ethnicisation de la société française, les différents chapitres de ce livre constituent autant d’exemples de ce processus, qu’il s’agisse de la scansion de « séquences » identitaires qui marquent la vie politique française, de la stigmatisation ou de l’idéalisation des Roms, de la culturalisation des luttes sociales de Martinique et de Guadeloupe, ou de la fragmentation et de l’individualisation des pratiques alimentaires.

ISBN : 978-2-35526-080-3 - 144 pages - 14,00 €  Éditions Lignes
 

L'objet du Blog

Proposer une liste d'ouvrages pour la formation militante et le débat.

Ceci dans une perspective révolutionnaire classiste anticapitaliste et internationaliste, anti-autoritaire.

Nous ne parlerons ici que des ouvrages stimulants et éviterons les marchandises à la mode, le verbiage militant.

Quelques fois les ouvrages seront disponibles en téléchargement au format PDF.

N'hésitez pas à laisser vos commentaires sur les ouvrages.