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vendredi 27 décembre 2013

Contre la démocratie / Miriam Qarmat

L’unité historique (et logique) démocratie-marchandise est bien plus puissante encore: ce sont deux aspects d’une même réalité. La démocratie ne surgit pas de l’esclavage (quoiqu’ils coexistent) mais du commerce. En effet, dans les sociétés antiques où le développement de la marchandise se concentrait à la périphérie de la société, la démocratie occupait également une place périphérique, et ce n’est que dans les grands centres commerciaux, comme à Athènes par exemple, qu’elle conquiert une place centrale. Dans la société mercantile généralisée, sous le capitalisme, la démocratie se généralise. Un ensemble de communautés fictives (pas seulement la patrie, mais aussi la race, le parti, la religion, le front, la région, le club de football,) reproduit alors l’illusion d’une communauté comme condition de la reproduction de l’atomisation de l’individu. Le cycle historique de la démocratie coïncide avec celui de la marchandise et par conséquent avec celui de l’individu. Il se développe avec le marché et finira avec lui. Le fait de définir les limites historiques de la démocratie et d’affirmer sa mort comme nécessité historique constitue un point crucial de rupture programmatique avec la gauche bourgeoise



Sommaire

Préface

Contre le mythe de droits et libertés démocratiques
Le paradis des droits de l’homme et du citoyen
L’unité contradictoire de la prosaïque réalité
Les prétendues «libertés ouvrières» 
Corrélation des forces entre les classes et 
formalisation juridique d’une situation de fait inévitable
Deux façons d’interpréter l’histoire
A quoi aspirent les pseudo-marxistes ? 
Les droits démocratiques ne sont jamais une victoire ouvrière, 
mais sont toujours une arme de la bourgeoisie.
Edition commentée du texte

«La mystification démocratique» Invariance n°6 – 1969
Introduction 
Texte et commentaires 

De la liberté 
La liberté c’est l’esclavage salarié !
1. La liberté ou les «fils invisibles» et fleuris 
 du rapport social capitaliste
2. La liberté du prolétariat: travailler ou crever 
3. Communauté humaine contre liberté individuelle privée 
4. Le communisme et la réalisation du règne de la liberté 

Annexes
I. Extrait de l’Anarchie n° 205, du 11 mars 1909  
La Liberté
II. Extrait de Regeneración, du 22 octobre 1910
La chaîne des libres (extraits), Ricardo Flores Magón.
A propos de l’Etat populaire/libre prêché par la social-démocratie

dimanche 15 décembre 2013

Surréalisme et situationnistes. Au rendez-vous des avant-gardes / Louis Janover


La chronologie n'assigne pas seulement aux avant-gardes leur place dans l'Histoire ; elle les classe d'emblée par ordre d'importance. Il en est de même pour leurs substituts contemporains. L'Internationale situationniste succède au surréalisme et le mouvement de Debord hérite d'une partie du mouvement de Breton et se déleste de l'autre pour repartir de l'avant. Mais vers quoi ? La Révolution surréaliste n'avait nul besoin d'affirmer l'unité du "changer la vie" et du "transformer le monde" puisqu'elle en était l'expression. Le surréalisme artistique introduit la division au profit d'un "changer la vie" qui finit par se confondre avec changer l'art. Avec les situationnistes, la volonté d'unité est dépassée par le recours au "tout subversif", à la révolte considérée comme le dernier des Beaux-Arts. 
Cette part irréductible de la Révolution surréaliste, l'exigence d'une utopie critique et poétique, occultée par les situationnistes, par les héritiers et les historiographes est mise ici en lumière et se retrouve alors devant nous : à travers cette promesse d'avenir perce une voix qui entre en résonance avec les questions de notre temps, "au rendez-vous des amis", alors que l'Internationale situationniste, qui a dépassé tous les temps, se trouve reléguée loin derrière, au rendez-vous des avant-gardes.


Extrait:

Entrée du labyrinthe...

Hegel dit de la lecture du journal qu'elle est «une sorte de prière du matin réaliste». Nous savons dès le réveil à quoi nous en tenir avec l'esprit du monde. Mais qu'en est-il aujourd'hui des livres de prières où sont inscrites toutes les croyances qui instillent au jour le jour la superstition dans les esprits ? Faisons le tour des livres et des journaux ! Partout le même hymne à la gloire des Grands Hommes de la subversion et des écrits et des oeuvres d'art portant l'estampille d'avant-garde, récits des dieux d'un nouvel Olympe au pied duquel chacun est invité à venir brûler son as d'encens.
Ce que la moralité cachait dans ses plis sévères et guindés, ce que la bonne société avait proscrit de son code de valeurs, et qu'elle gardait à l'abri des regards pour ne pas être offusquée par l'image crue que ses écrivains donnaient d'elle, tout a fini par être porté à la lumière. Triomphalement ! L'Ordre moral s'est dépouillé de ses habits étriqués, et ses incorrigibles défenseurs ont jeté l'éponge : ils ont appris, souvent à leurs dépens, que cette liberté de mouvement inespérée apportait un surcroît de dynamisme et de légitimité au système dont ils avaient la garde. Mais pour arriver à un tel résultat, il fallait auparavant quitter un langage farci de majuscules pour parler le novlangue de la modernité !
C'est au cours des décennies de l'après-guerre que s'est élaborée cette conscience critique dans un environnement où le gaullisme et le PC, eux-mêmes façonnés par des idées datant de la guerre et plus souvent de l'avant-guerre, ne laissaient rien filtrer des lumières nouvelles. Sous le pavé, une pensée critique fermentait, d'autant plus radicale que de la résistance à ces idéologies dépendait son existence et qu'elle guettait la moindre faille pour jaillir au grand jour.
Le milieu des intellectuels déclassés et marginalisés, le seul à disposer de l'héritage sulfureux des avant-gardes, associait «l'art novateur au radicalisme politique» - un radicalisme qui va les mener du refus «du traditionalisme sclérosé des principales branches de la culture d'élite» à «l'assaut de la forteresse de la culture officielle». Il était à n'en pas douter la moitié encore cachée du monde, la face esthétique d'une société dont les forces vives appelaient le changement, l'entrée en modernité; et qui tendaient à rejeter les formes archaïques au nom de la libération de l'individu. Ce qui était déjà à l'oeuvre chez les avant-gardes dans l'Europe de l'entre-deux guerres, les intellectuels de l'après-guerre, pétris de politique et de marxisme, vont en hériter.
L'avant-garde, par définition, ne naît qu'après, non par ce qu'elle dit d'elle-même, mais par la place que lui prépare ceux d'avant. Face aux anciennes élites, déjà largement entamées par les coupes claires opérées à la Libération, les nouveaux venus se cherchent en recherchant des moyens d'expression dont le centre de gravité serait en rapport avec les luttes de la classe ouvrière. Faute de les trouver dans le présent, les plus radicaux d'entre eux les découvriront à la lumière d'une histoire mythifiée des luttes ouvrières. Il suffisait de rappeler à la mémoire l'exemple des soviets et le prolétariat repartirait de l'avant.

Editions Sens & Tonka 2013 / 209 p. 15€

Paresse Histoire d'un péché capital de André Rauch


Une petite flemme, une bonne sieste : qui n’a pas rêvé de ces douces paresses pour agrémenter un bel après-midi ensoleillé ? Mais il existe aussi des paresses qui vous prennent à la gorge. Comme ces réveils matinaux, lorsque les pesanteurs de la journée qui pointe clouent sous la couette les plus entreprenants. Voilà l’acédie, cette « peste de l’âme », un péché capital depuis le Moyen Âge.

Dans cette histoire qui se poursuit jusqu’à nos jours, la morale tient une place essentielle. Qu’il s’agisse d’employés fainéants, de tire-au-flanc à l’école, de hordes vagabondes ou de peuples colonisés, le discours dominant bégaie : « Tous des fainéants et des parasites ! » Cette paresse-là est mère de tous les vices.


Dans le camp adverse, « le droit à la paresse » encourage la rébellion et ragaillardit les révolutions. Ses partisans trouvent dans le refus de travailler la force de conquérir la liberté et d’accéder à la dignité. La paresse devient alors une voie de salut, la mère de toutes les vertus.

Armand Colin 216p.   EAN13 : 9782200274597



Sommaire

Chapitre 1 : Acédie ou le Malin au monastère
Un péché capital
Le « démon de midi »
Fuite et amertume

Le salut par le travail manuel

Quand pauvreté devient vice

À l’origine du divertissement



Chapitre 2 : Le temps perdu
Un bestiaire de la paresse
De la lenteur
La mère des vices
Tristesse et mélancolie
Chapitre 3 : Fables et utopies
Une contrée de rêve

Cocagne

Au carnaval des fainéants

Bonne et mauvaise paresse

Poltronneries

La leçon des humanistes
Chapitre 4 : Haro sur les moines et autres oisifs
Des nids d’ocieux

À bas la calotte !

Chasse aux fainéants et aux mendiants

Un état contre nature

Piliers de caveaux
Chapitre 5 : Morale et politique
La leçon des Anciens

Silhouettes et postures

La folle de nos pensées

Aux sources de l’ennui

Politique et économie
Chapitre 6 : Nature et liberté
De l’indolence à la paresse

Le sauvage et l’aristocrate

Morales et civilisations

État de nature versus civilisation

Aux racines de la liberté

Travail et citoyenneté

La fin d’un privilège

Le mal et la maladie
Chapitre 7 : Lascivité orientale
Endormissement oriental, éveil occidental

Les attributs de la tyrannie

Mort du siècle

L’indolence en couleur

L’Orient, refuge contre la folle modernité
Chapitre 8 : Donner du sens à la paresse
La robe de chambre d’Oblomov

Par-delà le travail

Philosophie de l’absurde

Diagnostic d’une pathologie
Chapitre 9 : Place aux luttes sociales
Surveiller et occuper les enfants

Le profil de l’emploi

Apologies coloniales

Aux Armes, paresseux !

Imaginons Sisyphe heureux…
Chapitre 10 : Les loisirs ont-ils tué l’oisiveté ?
Siestes épicuriennes

Pas facile de ne rien faire

Classes paresseuses, classes dangereuses

La fugue hippie

Je m’appelle addiction
Conclusion

mercredi 11 décembre 2013

Chili 1970-1973 / Franck Gaudichaud


 Mille jours qui ébranlèrent le monde

"Pouvoir populaire", "cordons industriels", "participation des travailleurs", "ravitaillement direct", "contrôle ouvrier" : voici quelques-uns des ingrédients du processus sociopolitique analysé dans cet ouvrage, redonnant ainsi toute sa dimension collective à l'expérience de l'Unité populaire chilienne (1970-1973). 

En dressant une véritable fresque des mobilisations sociales et luttes ouvrières qui eurent lieu durant ces mille jours, Franck Gaudichaud fait ressurgir certains des "trésors perdus" de cette époque, celle du gouvernement de Salvador Allende. Grâce à une approche originale, combinant sources écrites et enquête orale, science politique, sociologie et histoire, cette étude très fouillée reconstitue la dynamique du mouvement révolutionnaire chilien, vu "par en bas", au niveau des entreprises occupées, des ceintures industrielles, des quartiers populaires. 

Basé sur la respiration des politiques du conflit, ce livre montre le développement et la radicalisation du mouvement ouvrier, les formes d'organisation d'une classe mobilisée et les répertoires d'action utilisés. Il s'intéresse également aux débats, praxis et stratégies de la gauche chilienne. Il étudie les rapports complexes, parfois tendus, qu'entretiennent alors mouvement social et champ politique, organisations partisanes et syndicats, gouvernement et engagements militants. Une telle approche, centrée sur les formes de "pouvoirs populaires constituants" qui ont surgi dans la périphérie de Santiago et de quelques grandes villes, permet de renouveler notre compréhension de cet épisode fondamental de l'histoire du vingtième siècle. 

Ce travail de recherche ouvre aussi de nouvelles pistes d'interprétation quant aux événements qui ont conduit il y a tout juste 40 ans à l'issue tragique de l'Unité populaire et au coup d'Etat mené par le général Pinochet, le 11 septembre 1973.


- Le Chili de l’Unité populaire
Un État de compromis ? Les fondements des relations entre mouvement ouvrier, partis et État
Éléments d’un processus conflictuel : conditions socio-économiques et situation des mouvements ouvrier et social en 1970
Les partis politiques de gauche et la « voie chilienne au socialisme »

- Vers le débordement ? De l’échec des Comités de l’Unité populaire à l’Assemblée de Concepción
Pouvoir populaire et mesures en faveur de la participation sociale
Tensions politiques et radicalisation du mouvement ouvrier
Les premiers signes de débordement

- Des Cordons industriels en soi aux Cordons industriels pour soi
Maipú-Cerrillos : esquisse des conditions d’une expérience de classe
L’octobre rouge chilien : une profonde crise politique
La normalisation civilo-militaire
Organisation, représentations et place du pouvoir populaire au sein de la « voie chilienne »

- Répertoires du pouvoir populaire, territoires mobilisés et menaces de coup d’État
Des mobilisations collectives radicales sans alternative politique ?
Le « Tancazo » et ses suites
Quand la ville est en lutte. Territoires et répertoires du pouvoir populaire
La révolution désarmée

Presses Universitaires de Rennes / 978-2-7535-2663 - 20€

Note Botanica: Un ouvrage dense qui va dans le sens d'une meilleur compréhension des événements. Mais aussi un magnifique livre pour ouvrir le débat sur toutes nos limites ! N'en déplaise à Michael Lowy et ceci même "théoriquement" le débat entre le "pouvoir" prolétaire et le gouvernement Allende (par extension le pouvoir d'en haut et partidaire) est au centre du débat puisqu'il est au coeur du projet d'émancipation.

mardi 26 novembre 2013

L'Orchestre noir / Frédéric Laurent

Enquête sur les réseaux néo-fascistes

L'Orchestre noir enquête sur les attentats qui frappèrent l’Italie de la fin des années soixante aux années quatre-vingt, plus particulièrement sur celui de Piazza Fontana à Milan en 1969.


La contestation sociale est alors à son apogée. Cet acte terroriste, qui tue 17 personnes et en blesse 88, marque un tournant. Il est un choc pour le pays et inaugure les « années de plomb», substituant à la perspective d’un changement social, la crainte de la violence politique aveugle. Entre 1969 et 1980, la Péninsule connaît plus de 4000 attentats, qui feront 360 morts et 4500 blessés.

Cette violence meurtrière est très majoritairement le fait de l’extrême droite. Mais, manipulées par les services secrets italiens, les premières enquêtes policières s’orientent vers l’extrémisme de gauche et plus particulièrement les anarchistes.  

Des magistrats sauront remonter vers les vrais auteurs : des néo-fascistes italiens d’Ordine Nuovo manœuvrés par la C.I.A. et les organisations clandestines de l’OTAN, obsédées par la montée du communisme. Ces réseaux, où se retrouvaient tout à la fois politiciens et militaires, membres des services secrets et adhérents de la Loge P2, portaient le nom de « Gladio ». Ils projetaient d’abattre la "démocratie" italienne et d’instaurer un pouvoir fort s’appuyant sur l’armée, à l’instar du coup d’État des colonels grecs en 1967.

Pour plonger leur pays dans le chaos, les putschistes comptaient, en matière de subversion, sur le savoir-faire d’anciens officiers français de l’O.A.S., spécialistes de la « guerre psychologique » et de l’infiltration dans les groupes gauchistes.

Précis et documenté, cet ouvrage constitue une véritable anatomie des réseaux néo-fascistes, des lendemains de la Seconde Guerre mondiale à la fin de la guerre froide.

400p. Editions Nouveau Monde ISBN 978-2-36583-849-8 / 22€


Note Botanica: Il s'agit ici d'une nouvelle édition augmentée d’une postface de l’auteur. Se livre répondra à de nombreuses questions sur la stratégie de la tension dans différents pays européens. (Attentats sous faux drapeaux, infiltrations, manipulations, subversions). Il démonte aussi beaucoup de problématiques empiriques .

mercredi 13 novembre 2013

La Gauche réactionnaire de Marc Crapez

Mythe de la plèbe et de la race dans le sillage des Lumières

Athéisme, communisme et racisme réunis dans une même doctrine ? cela peut surprendre. Il existe pourtant une tradition antichrétienne et antisémite révolutionnaire dont Louis-Ferdinand Céline fut l’illustre épigone. Dès 1864 se précisait cette nouvelle configuration idéologique s’articulant autour de deux tendances : d’une part un social-chauvinisme porté par les héritiers des sans-culottes de 1793, d’autre part un communisme d’ultra-droite initié par de singuliers disciples de Voltaire.

La devise des premiers - en écho direct à l'un des mythes fondateurs de la gauche affirmant que "la plèbe porte dans ses entrailles comme un dépôt sacré" - pourrait se résumé en un Patrie - Egalité - Travail; celle des seconds, nourris d'un athéisme intégral, d'une répudiation violente du monothéisme et d'une théorie "scientifique" de l'hérédité raciale, serait assimilable à un Race-Egalité-Science.

Un siècle après la révolution française, l'essence du boulangisme parisien est à rechercher dans une dérive du sans-culottisme qui s'obstinait à voir des "fripouilles" partout. Lors de l'affaire Dreyfus finalement, la propagande antisémite mobilisera outre la droite cléricale ces deux mouvances de la "gauche réactionnaire".

Cet ouvrage repose sur une vaste documentation inédite. Après l'avoir réexaminée, l'auteur repense la famille de la "droite révolutionnaire" issue du social-chauvinisme de gauche. Cette catégorie politique serait conséquente à un processus de corruption du matérialisme scientifique. Une dérive qui ne serait pas intervenue en dépit d'un encrage égalitariste, mais en raison de ce détonateur étroitement chevillé alors à l'athéisme et au racisme.

Berg International 339p.


Note Botanica: Le combat articulé contre L'Etat, la nation (nationalisme ou patriotisme disent-ils par extension régionalisme ou communautarisme) le capitalisme et non pas la "finance" permettra à certains peut-être de comprendre pourquoi une certaine "gauche", cultive son goût des mêmes fétiches communs ceci jusqu'à l'extrême-droite.


lundi 14 octobre 2013

Art et aliénation / Jean-Marc Lachaud

Analysant les théories de l’art proposées, du début du XXe siècle à aujourd’hui, par des philosophes revendiquant l’héritage de Karl Marx, interrogeant des démarches artistiques et littéraires proclamant leur caractère engagé, voire militant, cet ouvrage questionne la complexité des rapports qu’entretiennent l’esthétique et le politique. Les problématiques toujours actuelles concernant la particularité de la création artistique et littéraire et la singularité de l’expérience que suscitent les œuvres, la dimension critique et utopique de l’art, y sont discutées, et par là se pose la question des enjeux liés à une philosophie, à une politique et à une esthétique de l’émancipation.


Editions PUF. 176p.  ISBN : 978-2-13-058667-8 / 12,5€

 

  

Table des matières

Introduction
De l’art et de la littérature selon Karl Marx et Friedrich Engels 

De la particularité de l’art, en dernière instanceUn réalisme sans modèle(s)

L’Octobre des arts

 Le temps des ruptures
Art et révolution

Querelles autour du réalisme 

L’orthodoxie réaliste socialiste
Un réalisme socialiste à la française

 Un « grand réalisme »

La fonction critique de l’art

Un Romantisme anticapitaliste
Un art matérialiste
Une esthétique négative

Engagement, contestation, résistance

 Art engagé, art militant
Un art de résistance

Art, utopie, émancipation 

Une utopie concrète
L’émancipation, un enjeu esthétique et politique


Note Botanica: Une synthèse abordable et assez académique un peu gachée par les références constantes aux mandarins et pairs et par les citations de ces derniers.

samedi 5 octobre 2013

LE MOUVEMENT COMMUNISTE / Jean Barrot

Essai de définition

Edité en 1972 aux Editions Champ Libre - 298p. 

Le mouvement communiste ne se trouve ni dans les pays "socialistes" ou règnent le salariat et la police, ni dans les pc officiels nationalistes dont le programme comporte le maintient de tous les traits essentiels de la société actuelle ni dans les groupes gauchistes dont les limites se manifestent clairement entre autres par leur absence de critique théorique et pratique sérieuse de ces pays et partis. 
Seule la contre-révolution, consécutive à l'échec du mouvement révolutionnaire qui suivit la Première guerre mondiale, a pu masquer la nature réelle du communisme. Mais le mouvement communiste renaissant la montre à nouveau, en théorie comme en pratique, de la façon la plus globale possible. En quoi capital et travail salarié sont-ils des rapports de production historiques, donc transitoires ? Quels sont leur passé, leur avenir, leur présent ?

Que sont le capitalisme et le communisme ? Quelle dynamique mène de l'un à l'autre, et quelles conditions économiques sociales, historiques, le mouvement communiste apparaît-il au grand jour ? En effet le communisme est un monde de production déterminé, mais aussi le mouvement qui, d'abord emprisonne dans le cadre capitaliste, crée peu à peu le moyen de faire éclater ce carcan. Le communisme comme mode de production n'est que la résultante du communisme comme mouvement social.


TABLE DES MATIERES 

Introduction Première partie : 

Définition 
Du Capital 
La critique de l'économie politique 
Le capital, rapport social 
La marchandise 
Le mouvement historique de la valeur 
Le capital Valorisation et dévalorisation 
Le double mouvement d'autonomisation 
La contradiction fondamentale 
Valeur d'usage et valeur d'échange 
Le cycle de la valeur Valuer et travail abstrait 
Travail productif et improductif 
Valeur et développement 
État sommaire de la question 

Deuxième partie :

Le Mouvement Communiste 
Le communisme 
a. Le programme au temps de Marx
b. Le programme à notre époque 
La révolution communiste 
Le prolétariat, rapport social 
Le parti Le mouvement communiste 
Mouvement du capital et communisme




« Il tend à se constituer maintenant un milieu ayant des "idées" communistes, uni non par la pratique, mais plutôt par le partage de certaines thèses, de même qu'il existe des milieux "conseilliste", "bordiguiste", "situationniste", etc. La faiblesse de l'insertion sociale et la marginalité de nombreux individus pourtant radicaux les conduisent, non à faire fusionner compréhension et subversion, mais surtout à exprimer leurs conceptions. Le langage lui-même tend à devenir, non un moyen de communication à vocation universelle, mais un code, un système de signes de reconnaissance interne à un milieu trop fermé sur lui-même. Des formules toutes faites et des tics de langage apparaissent, et fonctionnent comme des repères où se retrouvent des gens incapables d'être autonomes dans un cadre social quelconque. Ils ne dirigent pas avant tout leurs coups contre les ennemis de la révolution là où ils sont implantés, c'est-à-dire là où se posent les problèmes sociaux, puisque la contre-révolution n'agit qu'en se fondant sur les luttes réelles pour les absorber (cf. le nº 3 du bulletin) : entreprises, écoles, quartiers, etc. Ils préfèrent au contraire intervenir dans le monde des idées, ce qui n'est pas inutile, mais de plus en plus secondaire. Le risque est grand de les voir affronter d'autres milieux, pour finir par disputer le terrain aux gauchistes, avec les meilleures justifications possibles, puisqu'empruntées au communisme théorique.


« On peut s'en rendre compte en comparant diverses activités récentes. Le livre de Barrot Le mouvement communiste (Champ Libre, 1972), en dehors de ses défauts de contenu (confusion dans le § "Valeur et travail abstrait" insuffisance sur la notion de communauté, faiblesse historique et économique de la dernière partie), pêche avant tout par sa conception. Il effectue un "retour" à Marx, sans s'interdire d'ailleurs de le critiquer, mais ne montre pas assez le mouvement réel. La communisme y est encore "une abstraction dogmatique". Par contre, le reproche adressé à cet ouvrage de vulgariser des positions connues, révèle l'absence profonde de besoin d'extérioriser la subversion. Il suffit à ces critiques d'avoir compris (quoi au juste ?) puis de dépasser (vers où ?). La réaction devant le livre de Barrot, comme devant le texte Capitalisme et communisme de notre nº 2, est un test du besoin de subversion. Cet ouvrage est utile, mais c'est aussi le type d'activité dont nous n'aurons plus l'usage désormais. L'affirmation du communisme ne peut plus être l'affirmation de principes. »
revue Le mouvement communiste No. 4, Mai 1973, p. 49-50

vendredi 4 octobre 2013

Le matérialisme dialectique / Henri Lefebvre

La Praxis est le point de départ et le point d'arrivée du matérialisme dialectique. Ce mot désigne philosophiquement ce que le sens commun appelle : "la vie réelle", cette vie qui est à la fois plus prosaïque et plus dramatique que celle de l'esprit, spéculatif.

Le but du matérialisme dialectique n'est autre que l'expression lucide de la Praxis, du contenu réel de la vie - et corrélativement la transformation de la Praxis actuelle en une pratique sociale consciente, cohérente et libre. Le but théorique et le but pratique - la connaissance et l'action créatrice - sont inséparable.

PUF Quadrige 165p.

Table :

Chapitre premier - la contradiction dialectique 

Critique de la dialectique hégélienne - le matérialisme historique - le matérialisme dialectique - Unité e la doctrine -

Chapitre II. La production de l'homme


Analyse du produit - Les activité d'intégration - Secteur dominé et secteur non dominé - le déterminisme physique - le déterminisme sociale - l'homme total - Vers le contenu total.

Note Botanica. A lire même si le concept de matérialisme dialectique n'a jamais été employé par Marx.

jeudi 12 septembre 2013

LA PHILOSOPHIE DU PUNK / CRAIG O'HARA

HISTOIRE D'UNE RÉVOLTE CULTURELLE

« Cette étude n'a pas été écrite uniquement pour le fana de musique, mais aussi pour les lecteurs qui s’intéressent à différentes philosophies politiques et sociales. "La musique rock est devenue, au même titre que n’importe quel produit culturel grand public, une musique conventionnelle, promue et sous-traitée par des géants institutionnels, un hédonisme rituel et superficiel." Le mouvement punk rock, ou simplement punk, même s’il n’y a pas non plus complètement échappé, fait figure d’exception à la politique de récupération et de marchandisage du rock’n’roll traditionnel. Il est important de préciser que je vais traiter des idées et non des styles musicaux spécifiques, qui sont nombreux. Je laisserai ça aux critiques. À ma connaissance, c’est le seul travail de la sorte existant. De nombreux livres traitant du mouvement de la fin des années soixante-dix ont été écrits, mais ils sont démodés pour la plupart, et relativement obsolètes. Très peu ont tenté de saisir la philosophie des scènes punks internationales toujours changeantes. Je pense que participer à ce mouvement est une manière très efficace et amusante d’en apprendre sur la politique, comment changer les choses (si possible), et de s’essayer à l’individualisme et à la non-conformité d’une manière positive pour chacun et chacune. Les punks ont progressé et mûri dans leur philosophie depuis les débuts du mouvement. Je ne vais pas tenter de présenter un historique, mais d’informer sur une philosophie grandissante et changeante. » CRAIG O’HARA

SOMMAIRE

AVANT-PROPOS : du traducteur

INTRODUCTION : de Marc Bayard
(professeur et historien américain)

PRÉFACE : de l'auteur

RAISON D'ETRE DU MOUVEMENT PUNK :
Contexte historique.
Comparaisons avec de précédents mouvements artistiques.
Définition de certaines caractéristiques du punk.

MAUVAISE REPRESENTATION MEDIATIQUE :
Comment la télévision, les magazines de luxe
et les mass médias abrutissants ont fait leur
possible pour apprivoiser la bête.

SKINHEADS : Qui sont-ils, leurs origines,
et ce qu'ils ont à voir ou pas avec le punk.

ACTIVITE INTERNE DE COMMUNICATION :
Les fanzines, médias underground.

ANARCHISME
: c'est quoi ?
Une alternative aux systèmes existants.
Ce que les idées libertaires représentent et pourquoi des punks du monde entier s'y sont intéressés. Les échecs des "politiciens véreux" ont poussé la contre-culture à réagir et à penser que les choses ne pourraient s'améliorer qu'en se passant de ces "vampires".
Pacifisme et action directe.
Critiques et problèmes rencontrés.

COMPLEXE DES GENRES :
Sexisme, féminisme et homosexualité à découvert.

ÉCOLOGIE ET PREOCCUPATION ENVIRONNEMENTALE :
Les idées et les techniques d'Earth First !, du ALF et d'autres,
qui ont trouvé leur place dans la scène punk.

STRAIGHT EDGE :
Un mouvement qui d'une menace mineure (Minor Threat), a progressivement pris la tournure d'une non-menace conservatrice et conformiste.

DIY :
Do It Yourself : fais le toi-même !
Autogestion et indépendance.

BIBLIOGRAPHIE

SUPPLEMENT :
Sur les traces de
l'hexagone : de Ladzi Galaï
État des lieux : de Florent Mercier

 2eme édition revisitée : novembre 2004 
232 pages, 110 photos, 12 iconographies

Editions  RYTRUT, ISBN 978-29520083-0-3

vendredi 9 août 2013

Accélération / Hartmut ROSA

Une critique sociale du temps 

L'expérience majeure de la modernité est celle de l'accélération. Nous le savons, nous le sentons : dans la modernité, « tout devient toujours plus rapide ». Or le temps a longtemps été négligé dans les analyses des sciences sociales sur la modernité au XXe siècle. C'est cette lacune que Hartmut Rosa tente de combler avec son ouvrage, qui livre une théorie systématique de l'accélération sociale, susceptible de penser ensemble l'accélération technique, l'accélération des transformations sociales et l'accélération du rythme de vie, qui se manifeste par une expérience de stress et de carence temporelle.

Or, la modernité tardive, à partir des années 1970, connaît une formidable poussée d'accélération dans ces trois dimensions. Au point qu'elle en vient à menacer le projet même de la modernité : dissolution des attentes et des identités, sentiment d'impuissance, « détemporalisation » de l'histoire et de la vie, etc. Dans ce livre, Hartmut Rosa prend toute la mesure de cette analyse, pour construire une véritable « critique sociale du temps » susceptible de penser ensemble le devenir de l'individu et de son rapport au monde. 

Ré-edition en poche aux Editions la Découverte 480p. 14€ / ISBN : 9782707177094


TABLE
En guise d'avant-propos

1. Introduction
Les structures temporelles dans la société
Deux diagnostics de l'époque actuelle ?
Réflexions préliminaires pour une théorie de l'accélération sociale
 

I /Les fondements conceptuels d'une théorie de l'accélération sociale
2. De l'amour du mouvement à la loi de l'accélération : regards sur la modernité
L'accélération et la culture de la modernité - Modernisation, accélération et théorie sociale 3. Qu'est-ce que l'accélération sociale ?
Réflexion préliminaire : accélération et intensification - Trois dimensions de l'accélération sociale -Cinq formes de l'inertie - Sur la relation entre le mouvement et l'inertie dans la modernité 


II / Effets et manifestations : une phénoménologie de l'accélération sociale
4. Accélération technique et révolution du régime spatio-temporel
5. Des pentes qui s'éboulent : l'accélération du changement social et l'augmentation des contingences
6. L'accélération du rythme de vie et les paradoxes de l'expérience du temps
Paramètres objectifs : l'augmentation de la vitesse d'action - Paramètres subjectifs : la pression temporelle et l'expérience du temps déchaîné -Structures temporelles et rapport à soi  


III / Causes 7. L'accélération sociale comme processus autoalimenté : la spirale de l'accélération
8. Accélération et croissance : les forces motrices externes de l'accélération sociale
Le temps, c'est de l'argent : le moteur économique - La promesse de l'accélération : le moteur culturel - La temporalisation de la complexité : le moteur sociostructurel
9. Pouvoir, guerre et vitesse - l'État et l'armée comme facteurs institutionnels centraux de l'accélération
 

IV /Conséquences
10. Accélération, mondialisation, postmodernité
11. Identité situative : des flâneurs et des joueurs
La dynamisation de soi dans les temps modernes - De l'identité substantielle à l'identité stable a posteriori : la temporalisation de la vie - De l'identité permanente à l'identité situative : la temporalisation du temps
12. Politique situative : des horizons temporels paradoxaux entre désynchronisation et désintégration
Le temps dans la politique ? la politique dans le temps - La temporalisation de l'histoire dans la modernité - Des horizons temporels paradoxaux : la détemporalisation de l'histoire dans la modernité avancée
13. Accélération et pétrification : une tentative de redéfinition de la modernité
 

ConclusionUne immobilité fulgurante ? La fin de l'histoire
Remerciements
Bibliographie
Notes.

Les Racines de la bourgeoisie / Simone Roux

Les Racines de la bourgeoisie 

(Europe / Moyen Âge )

À l’aube des Temps Modernes, l’avenir des bourgeois du Moyen Âge n’est pas encore tranché : ces marchands, financiers, entrepreneurs vont-ils se fondre parmi les dominants des sociétés d’Ancien Régime, ou vont-ils faire accepter que leur poids économique et social, devenu majeur, se traduise par un rôle dirigeant dans la conduite des politiques ? S’il est légitime de leur attribuer une influence décisive dans l’évolution des savoirs, des arts et de la pensée qui colore la Renaissance et la modernité, ils ne sont jamais les seuls à intervenir. Ils se mêlent aux laïcs qui réclament plus d’autonomie et de liberté vis-à-vis de l’Église et de son contrôle clérical, ils sont aux côtés des princes qui cherchent à asseoir leur pouvoir temporel souverain ici-bas, leur influence se retrouve dans les mouvements artistiques et scientifiques, mais il n’y a pas de bourgeoisie ni d’esprit bourgeois à l’état pur.

Leurs expériences, de l’alliance politique à l’insurrection, les ont incités à la prudence mère du conformisme social, mais elles leur ont aussi apporté un capital de sentiments et de ressentiments qui les a poussés à l’audace des revendications. Sentiment de leur supériorité face aux travailleurs salariés qu’ils commandent et sentiment de la valeur de leurs compétences s’allient aux ressentiments et à la frustration quand ils se heurtent au mépris social venu des nobles et des grands qui jalousent leur richesse. L’histoire de leur future hégémonie n’est pas encore écrite mais elle se nourrira de ces héritages contrastés.

 

Editions Sulliver / 224 pages / 19 euros 

   

Extrait :
La bourgeoisie est née de la ville médiévale, comme le mot « bourgeois » en conserve le souvenir vivant. Le bourgeois est celui qui habite le bourg, c’est-à-dire l’agglomération construite par des marchands et des artisans aux portes de la cité. Dans le cas de la France, « bourgeois » est un terme qui apparaît en 1080 dans la Chanson de Roland et «bourgeoisie» est repéré en 1240 dans un texte juridique, Les Assises de Jérusalem. Le lien entre essor urbain proprement médiéval et bourgeoisie se révèle indirectement dans le fait que le terme n’est pas employé en Italie, là où le déclin des cités fut moins net, moins profond et moins long que dans le reste de l’Occident. Les habitants des villes s’y appellent « citoyens ». À l’origine, il y a donc une connotation d’extérieur à la cité que traduit le mot bourgeois. Cette origine est plus ancienne que ce que les écrits consignent : les premières mentions de ces mots relevées dans des textes enregistrent une réalité sociale déjà bien établie à la fin du XIe siècle. Il convient donc de partir de cette réalité sociale neuve, la naissance et le développement des villes au Moyen Âge, essor qui marque l’Occident tout entier : il commence au Xe siècle en Italie et en Flandre, atteint la France, l’Angleterre, la péninsule Ibérique, l’Allemagne au cours du XIIe siècle et, des pays germaniques, il gagne l’Europe orientale et nordique au XIIIe siècle. C’est dire qu’il n’a ni les mêmes rythmes ni les mêmes inflexions au long de ces deux siècles dans un espace aussi varié. Notre propos ne vise pas à l’analyser comme le ferait une histoire urbaine, mais, en le résumant à quelques grands traits, à l’éclairer de plusieurs points de vue pour faire ressortir les divers aspects de la naissance et de la croissance des bourgeoisies. Cette nouveauté qu’est la ville dans une société conduite par les maîtres du sol et de ceux qui le travaillent, s’impose d’abord dans les faits, c’est le poids des choses. La place conquise s’exprime alors par les mots qui, avec retard, doivent adapter le discours et les analyses à la réalité concrète. C’est le poids des mots. Enfin, cette conquête de reconnaissance s’accompagne aussi d’un ensemble de jugements et d’appréciations, c’est le poids des sentiments et des ressentiments. Soit une triple enquête pour dévoiler un sujet qui est resté longtemps très discret dans les sources écrites qui nous restent. Le rôle et la place des bourgeois comme d’autres sujets, tels les femmes ou le peuple, ne peuvent être atteints que par des traces qu’ils laissent dans des textes qui se préoccupent rarement d’eux principalement ou qui ne donnent que la vision de ceux qui dirigent et qui décident. On sait qu’il faut être prudent et méthodique pour tirer des informations de ces témoignages partiels et biaisés. À ces conditions, l’enquête peut être fructueuse : quels que soient l’indifférence ou le mépris qu’expriment les écrits contemporains de cet essor urbain, la force de la réalité marque la documentation qui ne peut totalement ignorer les nouveautés que sont la croissance des villes, celle de leur population, celle des richesses qui s’y implantent.


mercredi 10 juillet 2013

Les Dépossédés / Ursula Le Guin

Deux mondes se font face : Anarres, peuplé deux siècles plus tôt par des dissidents soucieux de créer enfin une société utopique vraiment libre, même si le prix à payer est la pauvreté. Et Urras qui a, pour les habitants d'Anarres, conservé la réputation d'un enfer, en proie à la tyrannie, à la corruption et à la violence. Shevek, physicien hors normes, a conscience que l'isolement d'Anarres condamne son monde à la sclérose. Et, fort de son invention, l'ansible, qui permettra une communication instantanée entre tous les peuples de l'Ekumène, il choisit de s'exiler sur Urras en espérant y trouver une solution. 

Le Livre de Poche 445p.

lundi 1 juillet 2013

Naissance du fascisme / Angelo Tasca

L'Italie de l'Armistice à la marche sur Rome


Publié en 1938 sous le pseudonyme de A. Rossi, et plusieurs fois réédité depuis, Naissance du fascisme analyse, avec une rare lucidité, l'apparition et le développement en Italie du phénomène historique le plus important de la première moitié du siècle. «De l'histoire la plus sûre") dit Charles-André Julien dans son avant-propos. 

Par l'ampleur et la sûreté de la documentation. Par cette passion qui anime et ne trahit pas. Par une prodigieuse curiosité des faits relevée d'un sens profond des forces politiques et sociales. 

Par un don d'écrivain.Mis au pilon pendant la guerre sur l'ordre des Allemands, cet ouvrage, dont la portée dépasse de beaucoup le cadre chronologique et géographique volontairement limité, reste encore, comme l'a souligné Ignazio Silone dans sa préface, «le meilleur, c'est-à-dire le plus vivant, le plus véridique, le plus instructif de tous ceux qu'on a publiés jusqu'à présent.»


Collection Tel (n° 325), Gallimard 504p.  11,20€
 

vendredi 21 juin 2013

Misère du nietzschéisme de gauche / Aymeric Monville

 De Georges Bataille à Michel Onfray 


Etonnant Nietzsche ! Tour à tour enrôlé par les gauchistes, les nazis, les anarchistes, les néo-fascistes, les intellectuels de gauche, le voici à présent pro-européen et libéral. Parler de " récupération " est un peu court. Comment comprendre cette postérité extravagante du solitaire de Sils-Maria ?

Aymeric Monville revisite la réception de Nietzsche en France. Andler, Palante, Blanchot, Camus Bataille, Deleuze, Foucault, Derrida, furent autant de grands prêtres d'un culte devenu religion officielle : le " nietzschéisme de gauche ".
 
Passé dans les mœurs modernes, ânonné par les managers, les magazines télévisés, les hommes politiques autant que par Michel Onfray, ce retour de Nietzsche par la gauche autorise le consensus irrationaliste, individualiste et anticommuniste, de la " gauche morale " à Le Pen.
 
Le but de ce livre n'est pas de lancer un débat philosophique de plus mais bien de dévoiler la signification politique de cet engouement pour l'auteur d'ainsi parlait Zarathoustra. Ce recyclage philosophique a un but : détruire au sein de la gauche le matérialisme des Lumières et in fine l'ensemble de la philosophie issue du marxisme et du mouvement ouvrier.

Note Botanica. Une bonne synthèse. Même si nous n'apprécions pas le pro-Clouscardisme de Monville.

Aden 104p. 2007 / 8,20€

mardi 11 juin 2013

La Domination et les arts de la résistance / James C. Scott

Fragments du discours subalterne

À trop s'intéresser au discours public des dominants et des dominés, au détriment de leur discours caché ", par définition difficilement saisissable, on approche les situations de domination de manière trompeuse, et l'on risque de ne pas même apercevoir la résistance effectivement opposée par les subalternes. Il y a là un véritable défi épistémologique pour tous les analystes du monde social et des situations de domination. Derrière le masque de la subordination et l'écran du consensus et de l'apparente harmonie sociale couve ce que James C Scott nomme " infra-politique des subalternes " : la politique souterraine, cachée, des dominés. Dans toutes les situations de domination, même les plus extrêmes, ces derniers continuent, de façon dissimulée, à contester le discours et les pouvoirs dominants, et à imaginer un ordre social différent. Il faut donc, selon l'auteur, refuser les théories de la " fausse conscience " qui postulent que la domination idéologique des élites est si efficace que leurs valeurs et leurs représentations sont nécessairement adoptées et incorporées par les dominés, et s'efforcer de rassembler les fragments du discours subalterne pour en dégager la logique. Fondé sur l'analyse de sociétés dans lesquelles il n'existe pas d'espace public où contester légitimement l'ordre existant, ce livre offre des outils théoriques précieux pour tous ceux qui cherchent à éclairer les formes subjectives de la vie sociale et les expériences de domination, d'exploitation et de répression. Son intérêt pour ceux et celles qui s'efforcent de penser les termes d'une politique d'émancipation radicale, y compris dans les sociétés dites démocratiques, ne devrait également pas échapper à ses lecteurs.

Editions Amsterdam 269 pages / ISBN-13: 978-2915547610

mardi 4 juin 2013

Barcelone, l’espoir clandestin / Julio Sanz Oller

Fin des années 60. La dictature de Franco s’éternise. Durant une garde à vue, Julio, un jeune métallo, se remémore les événements et les personnes qui ont marqué sa participation aux commissions ouvrières. 

Depuis dix ans, dans toute l’Espagne, ces commissions s’organisent de manière autonome. 

Mais les partis politiques multiplient leurs efforts pour s’emparer de ce mode de lutte inédit, qui a souvent réussi à faire plier le patronat. 

Ce récit autobiographique revient sur une histoire méconnue, au tournant d’une époque où tous les aspects de la société ont été remis en question.


Editions  Le Chien Rouge 2008 / ISBN-13: 978-2915420890

vendredi 31 mai 2013

Retour sur la condition ouvrière / Stéphane Beaud - Michel Pialoux

Enquête aux usines Peugeot de Sochaux-Montbéliard 


Que sont devenus les ouvriers ? Objet de toutes les attentions depuis la révolution industrielle jusqu'aux années 1980, les travailleurs d'usine n'intéressent plus grand monde après l'échec du projet communiste et l'effondrement de leurs bastions industriels. 

Brisée dans son unité, démoralisée, désormais dépourvue de repères politiques, méprisée par ses enfants. la classe ouvrière vit un véritable drame - à l'écart des médias. 

Les ouvriers continuent pourtant d'opposer avec un succès relatif certaines de leurs traditions de résistance à la dynamique qui les détruit. 

Cette enquête, documentée, fait toute sa place à la parole ouvrière pour rendre hommage à ces hommes et à ces femmes dont la dignité est aussi imposante que celle dont firent preuve leurs parents à l'heure des victoires. 

Editions La Découverte / 488p. / 978-2707169761 / 15€

mardi 28 mai 2013

Karl Marx / Karl KORSCH

Dans son Karl Marx (1938), Korsch analyse de manière systématique les grands thèmes de la pensée de Marx : la Société, l’Economie politique, l’Histoire. 

Il en dégage cette pointe activiste qui l’a caractérisé dans ses deux grandes phases : la « philosophique » et la « scientifique ». 

Il en fait ressortir aussi la nature rigoureusement « historique ». Des chapitres, tels ceux où Korsch traite du « principe de la spécification historique », du « fétichisme de la marchandise » ou de « la relation base-superstructure » – tous mis en lumière par Marx – sont devenus des classiques. 

Ivréa  / 288p. /  978-2-85184-068-4 / 20€

vendredi 24 mai 2013

Les Conseils ouvriers / Anton Pannekoek

Anton Pannekoek (1873 – 1960) est un contemporain de Lénine et de Rosa Luxemburg ; au début du XXe siècle, militant aux Pays-Bas puis en Allemagne, il prit part aux mêmes débats qu’eux. Dès cette époque, il critiqua la politique et l’organisation de ces partis socialistes qui allaient renier leurs engagements internationalistes en 1914. Il s’en sépare alors définitivement et rejoint les communistes internationalises allemands. Participant à la révolution allemande de 1918 et aux affrontements qui la suivirent, il s’oppose en 1920 à la direction de l’Internationale communiste naissante, qui veut imposer aux partis qui y adhèrent des tactiques parlementaristes.

Au cours de la deuxième guerre mondiale, il rédige Les Conseils ouvriers, tout à la fois analyse critique de la société capitaliste, bilan des leçons durement apprises par le mouvement ouvrier au cours des cent ans qui suivirent la publication du Manifeste du parti communiste et réflexion très concrète sur les chemins qui peuvent conduire à la société des producteurs associés, libres et égaux, une société sans classes ni exploitation. Il explique ainsi son approche :

« Conseils ouvriers, cela ne désigne pas une forme d’organisation fixe, élaborée une fois pour toutes et dont il resterait seulement à perfectionner les détails ; il s’agit d’un principe, le principe de l’autogestion ouvrière des entreprises et de la production... C’est une question de lutte pratique contre l’appareil de domination capitaliste. »

Après une présentation générale de la part des traducteurs et une courte biographie, ce premier volume commence par l’analyse de l’organisation actuelle de la production qui débouche sur ce constat : « …malgré tous ses discours trompeurs…le capitalisme organisé est…tout à fait incapable de mettre en œuvre les riches forces productives de l’humanité pour ce qui est leur véritable but, il ne fait que les utiliser comme moyens de destruction. La classe ouvrière se trouve donc fasse à la nécessité de prendre elle-même la production entre ses mains. » Il examine ensuite les tendances qui poussent les ouvriers vers la transformation de la société et exposent les fondements de l’organisation des conseils. 
 

Dans un deuxième volet, il dresse le tableau de ce qu’ont été les luttes ouvrières depuis une centaine d’années, les rôles qu’ont joués le syndicalisme, l’action directe et les grèves et tire les leçons de la Révolution russe. Une troisième partie est consacrée aux idéologies, à la religion, au communisme et au socialisme.

Ce sont des participants à I.C.O.* qui ont réalisé, à partir des éditions anglaise et hollandaise, la seule traduction en français des Conseils ouvriers. Celle-ci a été publiée en 1974 par Bélibaste, puis reprise en deux volumes par les Cahiers Spartacus en 1982.

 
 
Editions Spartacus 2 volumes. 268p + 174p.  Prix 15€ + 10€

lundi 20 mai 2013

Pouvoir, servitude et idéologie / Claude Morilhat

Note botanica: Un livre fort intéressant sur l'idéologie, et critique du concept de servitude volontaire si facilement employé dans les milieux volontaristes. Il est plus qu'appréciable et très rare de lire des critiques simples et radicales et en passant de Dany Robert Dufour, Frederic Lordon, C Dejours, Foucault, et bien d'autres ...pour argumenter le propos.

L'effondrement de nombre d'illusions sociales et politiques se traduit au sein de l'univers idéologique, plus particulièrement dans le champ de la philosophie politique, entre autres par la réapparition insistante de l'idée de "servitude volontaire". Du constat désabusé de l'échec final désabusé de l'échec final des révolutions survenues au cours de l'histoire humaine, de la persistance dans toutes les sociétés inégalitaires de la domination de la majorité par une petite minorité, certains aujourd'hui concluent à la pertinence de la notion développée au milieu du XVIe siècle par l'ami de Montaigne, Etienne de la Boétie.

Au premier abord, la notion marxienne d'idéologie semble offrir l'instrument conceptuel majeur susceptible d'éclairer l'acceptation de la domination sociale et politique. Il se trouve toutefois que sa consistance théorique est souvent mise en cause, de façon plus ou moins radicale. 

Si la notion chez Marx même n'est pas dépourvue d'incertitudes, elle a donné lieu depuis à des tentatives d'élaborations novatrices ou à des essais de contournement originaux, par exemple dans les travaux de Gramsci, d'Althusser ou encore de Rancière. Au principe de ces renouvellements se conjoignent des logiques propres à divers champs de recherches et les questions plus ou moins brutales imposées par le mouvement même de l'histoire.

I. La "servitude volontaire" mythe ou réalité ?

Relire La Boétie
Domination et résistances
Une idée qui persiste 

II. L'idéologie, une notion contestée

Servitude, pouvoir 
Une théorie fallacieuse
Un instrument au service des intellectuelles
Un concept indispensable.

III. Consentement, assujettissement

Althusser, l'esquisse d'une théorie
La production des sujets.
Assujettissement, émancipation

Le Temps des Cerises 2013. 17€  / ISBN-13: 978-2841099627

vendredi 17 mai 2013

La feuille qui ne tremblait pas / Jean-Jacques Lefrère, Philippe Oriol

La feuille ? Un placard subversif que rédigeait, à la toute fin du xixe siècle, un homme qui s’était inventé le nom de plume de Zo d’Axa et qui fut en relation avec nombre d’écrivains et d’artistes majeurs, comme Fénéon ou Pissarro.

Il ne fut pas une seconde plume, ce pamphlétaire, ce révolté qui fustigea à peu près toutes les arcanes de la Société, jetant ses vérités et ses sévérités avec une encre corrosive qui lui valut procès, exils et séjours en prison.

En suivant son existence, riche en aventures, on découvre un homme au destin hors du commun, on sent surtout palpiter toute une époque, à travers le mouvement anarchiste qui, au temps de Ravachol et autres dynamiteurs, fit trembler une capitale traumatisée par des attentats à l’explosif.



 Editions Flammarion 319 p. . ISBN  9782081300378


     Table des matières
  • La feuille qui ne tremblait pas
  • Avant-propos
  • Chapitre I. Gallaud avant Zo d'Axa
  • Chapitre II. L'Endehors
  • Chapitre III. Poursuites et campagnes
  • Chapitre IV. L'exil
  • Chapitre V. Sainte-Pélagie
  • Chapitre VI. De Mazas à Jérusalem
  • Chapitre VII. la feuille
  • Chapitre VIII. Voyages, silence et mort
  • Bibliographie d'axienne, brève mais chronologique 
  • Index des noms cités 

L'objet du Blog

Proposer une liste d'ouvrages pour la formation militante et le débat.

Ceci dans une perspective révolutionnaire classiste anticapitaliste et internationaliste, anti-autoritaire.

Nous ne parlerons ici que des ouvrages stimulants et éviterons les marchandises à la mode, le verbiage militant.

Quelques fois les ouvrages seront disponibles en téléchargement au format PDF.

N'hésitez pas à laisser vos commentaires sur les ouvrages.